mardi 4 novembre 2014

« Retrouver son intégrité en cassant le cycle de la vengeance »





J’ai bien du mal à concevoir comment quelques milligrammes de médicaments en moins peuvent me perturber à ce point ! J’ai dû prendre un petit bout hier soir pour arrêter le vacarme et les sensations de vertiges pire même, l’impression de devenir folle. Ce n’était pas un défilé de pensées insensées mais la confusion et carrément une forte sensation de sombrer, de glisser vers le néant ou la mort. Comme je ne suis pas masochiste, j’ai calmé le jeu par la prise de 0,01mg de produit ! L’équilibre intérieur tient à peu de choses !

Pour couronner le tout, je viens de lire un article à propos de la circoncision* ! 
Je n’avais jamais vraiment réfléchi à la question mais il se pourrait bien qu’on ait ici une des causes des difficultés dans la relation homme femme. 

Il est expliqué à quel point cette opération représente un traumatisme pour l’enfant, tant au niveau de la douleur physique qu’au niveau psychologique. 

Déjà, la naissance par elle-même est d’une rare violence puisque le bébé passe de l’oxygénation via le sang de sa mère à la respiration pulmonaire. Il nait dans un bain de sang, torturé par la douleur, quand il n’y a pas en plus quelques excréments expulsés lorsque le nouveau né appuie sur les intestins. 

On peut rêver mieux comme arrivée sur cette planète ! Il ne faut pas s’étonner que l’amour soit aussi distorsionné si à l’âge de huit jours, un bébé subit une des pires choses qui existe pour un humain, la mutilation et à travers elle, le déni, l’humiliation, le sentiment d’abandon, de trahison même, d’injustice, la rupture de confiance vis-à-vis des parents qui entraine un déni, un rejet de soi et brise la confiance en soi.

Le conflit homme femme est ainsi alimenté et ça n’est certainement pas en faisant subir à ces enfants ce qu’on a soi-même enduré, qu’on se libère du trauma, au contraire, on en fait un passage obligatoire, un acte barbare cautionné, approuvé par la majorité de l’humanité. 

On reste encore très marqué par le besoin de sacrifice qui engendre la haine, la vengeance et imprime dès le plus jeune âge dans un cerveau tout neuf, l‘idée que l’autre est un ennemi dont il faut se méfier à juste titre ! 
On créé un décor apocalyptique, on formate les bébés dès qu’ils ont huit jours afin qu’il imprime la violence et le désir de vengeance, comme des sentiments légitimes qui valorisent l’homme. Le sentiment d’impuissance, celui de ne pas être protégé par ceux dont sa vie dépend, le déni de ses émotions, de ses sentiments, la peur de l’autre…autant de paramètres qui vont empêcher l’individu d’être en paix avec lui-même et ses semblables.
Si on ajoute à ce scénario ultra violent, les mutilations faites aux femmes, on comprend mieux pourquoi les relations sont si difficiles entre les humains ! Le cerveau créé des circuits, des réponses toutes faites en fonction du vécu, de ce qui aura marqué l’enfant pendant ses premières années. C’est ainsi qu’il adopte des croyances par rejet ou par attraction, inconsciemment, et qu’il forgera, construira, sa personnalité selon ce qu’il croit être vrai ; sa vérité, sa façon de voir les autres, la vie et lui-même dépendra de ces paramètres, de la combinaison de ses traumas et des réponses qui ont été apportées chaque fois qu’il a été face à la douleur. 

Au niveau psychologique, les associations qui se créent dans l’inconscient seront ravageuses. Il sera confronté avec violence à la dualité puisque la douleur est associé à la parentalité, il pourra ainsi craindre Dieu toute sa vie puisqu’il aura vécu ses plus grandes souffrances à cause des choix de ses parents. Ces êtres qui représentent l’autorité, la nourriture, la survie et qui sont censés le protéger. 
Dès lors, il croira que la vie est un combat, qu’il faut soit lutter soit se soumettre, que c’est le plus fort qui commande…que la fragilité est synonyme d’impuissance, qu’il faut tuer pour vivre, faire des sacrifices, que l’amour est quelque chose de douloureux…

La famille qui est censée offrir un refuge aux enfants, devient le lieu de tous les abus, les excès et les dominations. C’est dans ce cadre que se développent les enfants qui feront le monde de demain ! 
Le seul secours pour un bébé, un jeune enfant, c’est de refouler dans l’inconscient tout ce qu’il ne peut pas comprendre, tout ce qui le fait souffrir. Ce qui va totalement conditionner sa vie puisque un individu agit la plupart du temps par automatisme, inconsciemment.

Jusqu’à quand va-t-on continuer de faire passer la douleur et l’esprit de vengeance, de génération en génération ? 
Amputer un être d’une part de lui-même, c’est imprimer dans sa chair, dans tout son être, la notion de séparation, de manque, de distance. 
Le modèle éducatif détermine totalement la vie du futur adulte, qui va construire sa vie sur l’idée qu’il est incomplet, impuissant et que l’amour est un mélange de sacrifice, de douleur, de trahison, de domination…

La culpabilité que portent les mères les poussera à surprotéger l’enfant, à le materner très longtemps, à l'étouffer, pour tenter de se "racheter". Les pères auront un sentiment de fierté et un attachement affectif à leur enfant par le fait de partager le même trauma. Un mélange d’amour, de vengeance, d’appartenance, de filiation par le sang du sacrifice…



Face à tout ce gâchis, la solution, c’est de venir en soi, d’apprendre à se connaitre depuis l’intérieur pour reconnaitre tous les mécanismes de survie qui ont été enclenchés et casser le cycle de la vengeance, par le pardon. 

Toutes les religions sont bâties sur le même schéma, sur la notion de sacrifice, de punition, de récompense. Il semble tout à fait logique que nous vivions dans un monde où règne la violence, le conflit, l’instinct de prédation, de séduction, de compétition et de domination.

Il est plus que temps de descendre de la croix, de cesser toute forme de mutilation, de torture, au nom d’un idéal, de l'esthétisme changeant, totalement ridicule qui confond l’intégration et l’appartenance.
On retrouve cette notion de sacrifice, d’épreuve, dans tous les domaines de la vie, à chaque passage important. 
Les hautes écoles censées contenir l’élite de la nation, les plus intelligents, n’échappent pas à cette règle morbide ! Les rituels de passage sont des plus cruels et ils perpétuent la notion de vengeance à l’infini !

La famille est conçue selon le modèle patriarcal ou matriarcal et dans les deux cas, c’est un déséquilibre qui ne fait qu’augmenter la division, qui nourrit l’idée de chef, de parent tout puissant. Le parent devient le dirigeant qui peut exercer son droit sans aucun contrôle extérieur. Il n’y a aucune limite à son pouvoir et la famille est alors une cellule où les pires horreurs et abus peuvent être commis dans la plus grande impunité. Je ne prône pas le flicage des familles mais au moins qu'on enseigne les bases, qu'on apprenne aux enfants leur potentiel mais aussi la responsabilité que représente le fait d'être parent. On ne peut plus se satisfaire de l'idée que c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Il s'agit d'êtres vivants et non d'objet. C'est le monde de demain qui se construit dans les foyers et pour cette raison, en commençant par enseigner la gestion des émotions, on permettrait aux futurs parents d'être préparés à accueillir une vie qui ne sera plus l'objet de toute les frustrations, mais aussi le garde fou ou encore la main d’œuvre à moindre coût. Pratiquement tout le temps, les enfants naissent pour combler les carences de leurs parents et les rôles s'inversent.

Un enfant qui subit une injustice aura deux choix ; soit il reproduit un schéma similaire, soit il casse le cycle. La plupart du temps, il agira inconsciemment et reproduira en lui-même tout ce qu’il aura vécu. A moins de prendre conscience des stratégies de l’ego et de vouloir s’en extraire, le comportement sera reproduit à l’infini.

J’ai vraiment la nette impression d’être venue casser le cycle de la vengeance. Même si l’idéal aurait été de pouvoir vivre en couple et élever des enfants, il semble que pour casser le cycle, il faille au moins une vie de guérison de l’enfant intérieur ! Parce que le fait de trimballer des traumas de génération en génération, créé une accumulation qui demandera une focalisation continue sur l’enfant intérieur. Même si on peut penser que les êtres qui choisissent ce chemin, se sacrifient en quelque sorte, puisque les circonstances ne donnent pas vraiment les moyens de vivre des relations équilibrées avec l’autre, on peut considérer que c’est le sacrifice ultime. Celui qui permet de laver les blessures inscrites dans l’inconscient collectif et individuel, de libérer totalement la notion de karma.

Comme c’est l’amour vrai de soi qui permet de guérir, cette tendresse déversée sur les blessures, casse le cycle de la violence. Le besoin de réparation est satisfait par l’écoute bienveillante des aspects fragiles, traumatisés de l’être. C’est un acte d’humilité que de vouloir s’extraire de l’inconscience parce qu’il se réalise uniquement au travers de l’acceptation, du pardon.

Quand une victime pardonne à son bourreau, elle rétablit l’harmonie intérieure, elle restaure le lien entre le masculin et le féminin, entre l’adulte et l’enfant, entre le passé et le présent, elle redonne un sens sacré à la famille ; la trinité intérieure.Tant que les énergies en soi ne sont pas équilibrées, inutile de vouloir fonder un foyer, se reproduire!

Quand on constate le degré de violence auquel est soumis le monde, on peut facilement comprendre que pour en sortir, il faut amplifier l’amour. Combattre la violence par la violence ne fait que nourrir le cycle de la vengeance. En commençant par restaurer l’amour en soi, non seulement on guérit et on s’extrait des mécanismes de l’ego mais en plus, on s’extrait de la folie collective et on rayonne alors l’amour vrai de soi qui va influencer les autres.
Même si ça ne leur permet pas de reconnaitre leur propre essence, au moins ça permet d’ouvrir d’autres pistes, d’amener de nouvelles réponses, solutions. 
Témoigner que le cœur, l’amour, peuvent guérir et reconstruire un être est ma seule raison d’être et ce qui me porte à continuer de suivre ce chemin marginal mais ô combien libérateur !

Je dois aller en courses ! Je n’ai pas trop envie mais comme le frigo est vide…
En ce moment, je n’ai plus le goût de manger mais je ne m’inquiète pas plus que cela, je sais que ça reviendra. C’est assez logique puisque le sentiment de lassitude est assez tenace. Mais là non plus, je ne m’y attache pas comme si c’était une réalité définitive. Le temps qui passe est ici un soutien. Idem pour le manque de motivation en général, c’est une conséquence logique de la révolution intérieure dont l’acceptation facilite l’intégration.

Une paix durable se construit sur l’abandon des schémas egotiques et permet l’émergence de la volonté associée au cœur qui agira pour le bien de l’ensemble. L’amour se cherche et se trouve en soi et quand plus rien ne vient lui faire obstacle, il peut alors rayonner, grandir, nourrir, protéger, élever, libérer et sublimer le quotidien.

Plus nous serons nombreux à nous caler sur la fréquence de la paix, de l’amour divin, et plus rapidement l’inconscient collectif changera ses croyances.

Je voudrais encourager ceux qui ont choisi de parcourir la route encore étroite et peu fréquentée, du retour à soi, de l’amour vrai de soi et de toute vie en leur disant qu’ils ont fait le « bon » choix. Il ne s’agit pas de baigner dans le liquide amniotique de la source mais pas loin ! Ce n’est pas un parcours facile mais c’est le seul qui en vaille la peine. Le seul qui permette de sentir et de reconnaitre le divin en soi.
Les projections et les attentes à ce niveau sont relativement légitimes mais en parcourant ce chemin, on se rend compte que l’amour est une énergie qui n’exclue pas, qui ne peut être contenue, emprisonnée, achetée. Elle ne se mérite pas non plus, elle a juste besoin de se libérer de toute entrave pour réaliser son œuvre. Elle est puissante mais pas envahissante, elle obéit aux lois universelles et se manifeste d’une façon totalement opposée à celle de l’ego.
Elle n’a pas besoin de lutter pour exister puisqu’elle englobe tout. Elle prend plaisir à se manifester en une multitude d’êtres et ainsi elle s’expanse continuellement, se goûte, se connait, se reconnait en sa création. 

*Article que vous pouvez lire ici: dans son intégralité  



Vous pouvez diffuser ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de ne rien modifier (sauf correction des fautes d'orthographe), de citer l’auteur : Lydia Féliz, ainsi que la source : http://lydiouze.blogspot.fr  et ces trois lignes. Merci 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de partager votre ressenti dans le respect mutuel.
Puisque nous sommes UN, ce qui est dit ici, s'adresse aussi à son auteur.