Par Pierre Rabhi, paysan philosophe
Depuis la nuit des temps et pendant des millénaires,
l’autonomie a régi l’organisation et la survie des humains sur la Terre, aux
quatre coins du globe. Garante de l’équilibre, elle s’inspire des mécanismes
naturels de la planète elle-même, où l’autorégulation et la coopération ont
toujours été les clés de la pérennité.
Au xvie siècle, lorsque le voyageur
circulait à travers l’Europe, il découvrait partout où il allait une immense
diversité de tribus et de communautés qui n’avaient pas les mêmes langues,
vêtements, habitats, outils, etc. Cette diversité culturelle reflétait directement
la créativité humaine dans son dialogue avec la nature. La nature inspirait
l’imaginaire de l’homme, pour qu’il puisse assurer sa survie. Chaque communauté
était alors autonome sur son territoire et répondait à ses besoins fondamentaux
en tirant parti des ressources locales.