J’ai été réveillée ce matin, par des couinements de chien.
Cra, c’est son nom, a les boyaux en vrac depuis hier après midi à cause de sa boulimie scatologique et je dois la
sortir toutes les trois heures. Elle s’appelle de cette façon parce qu’elle est
crado, enfin selon mon point de vue. Elle adore manger les crottes de chat,
elle s’en délecte mais ça la rend malade. Elle ne s’est jamais baignée pourtant
la rivière est proche et accessible. Au
départ, je l’avais appelée crapaude sans trop y réfléchir, juste parce que ces
sons m’étaient venus puis c’est devenu Cra tout court. Quand les gens me
demandent son nom, ils restent perplexes et ça me plait bien de casser les
clichés.
Les gens choisissent des noms à leurs chiens pour se valoriser à travers eux tout comme la « marque », la race. On aime s’entourer de belles personnes, de beaux animaux mais aussi de beaux objets, d’une belle maison, d’une grosse voiture comme pour prouver sa valeur mais c’est complètement bidon. Non seulement on ne fait que nourrir l’image mais en plus on s’éloigne de l’être essentiel.
L’apparence, la surface, sont des manifestations de ce que
l’on est en dedans mais très souvent pour ne pas dire toujours, on s’identifie
uniquement à l’enveloppe au lieu de la considérer comme une interface, un moyen
de manifester notre essence et de communiquer avec l’extérieur.