lundi 10 novembre 2014

« Oser être soi, entièrement »





J’ai une belle pêche ce matin ! C’est la conséquence directe de l’affirmation de soi, de ses vrais besoins. Les fruits de l’amour vrai de soi, qui vivifie toutes les dimensions de l’être. Nous portons tous des blessures mais aussi le moyen de les guérir. Nous disposons de plusieurs outils internes et externes pour ce faire, dans la relation à soi et aux autres. 
Dans l’interaction, nous pouvons affirmer ce que nous sommes et en utilisant la technique du miroir, reconnaitre nos vrais besoins afin de les exprimer sans complexes.

Bien que le principe soit relativement simple, nous nous heurtons souvent à la difficulté de faire la part des choses. Le souci de justice, d’équité, fait trop souvent pencher la balance en faveur de l’autre, nous avons tendance lorsque nous connaissons la réalité de l’humain divin et entreprenons un travail de développement personnel, à nous positionner en modèle.
Comme nous recherchons à nous améliorer, nous nous fixons un modèle qui devient notre jauge. Or, ça n’est pas du tout de cette façon qu’on peut évoluer, on continue de se juger au travers de ce que l’autre nous renvoie alors que le reflet est censé nous amener à nous aimer davantage en reconnaissant et en osant affirmer nos besoins.


Chacun a des valeurs spécifiques et en tant qu’être unique, individualisé, nous sommes ici pour manifester notre réalité, l’amour et la lumière que nous sommes, ici et maintenant. 
Déjà là, il est bon de comprendre que ceci ne veut pas dire de se former un idéal, un objectif à atteindre mais au contraire d’exprimer au jour le jour, dans l’instant, notre conception de la vie, nos valeurs, celles qui forment nos besoins. 

On croit à tort que le fait de savoir un peu plus que les autres à propos de l’être véritable, nous oblige à être responsable des relations que nous vivons. On croit que parce que nous avons acquis une certaine sagesse, nous ne devrions pas être impulsif, que nous devons gérer nos émotions dans notre coin et ne pas faire de vagues.

Mais c’est à mon avis, une première erreur qui fausse notre comportement, celle de l’autre et freine notre spontanéité. Or il ne s’agit pas d’être parfait ou de paraitre ainsi mais d’être parfaitement soi-même, authentique, spontané quitte à être impulsif. 

L’effet miroir marche dans les deux sens et l’autre est donc "à égalité" dans ce jeu de miroir. Il dispose aussi d’un cœur, d’un cerveau et comme l’intelligence divine s’exprime à travers le cœur, il n’est pas du tout nécessaire d’avoir développé les capacités intellectuelles pour ce faire. Il s’agit plutôt d’agir à partir du cœur, sans accuser, sans juger. 
Nous sommes responsables de notre monde intérieur et de nos propres besoins.
Les autres sont « grands », disposent de la sagesse intérieure et sont libres de leurs choix. 

La première erreur et de croire qu’on est plus apte à résoudre les conflits que l’autre mais trop souvent, on choisit de céder, de s’écraser pour montrer qu’on assume, qu’on est sage, qu’on maitrise…
Quand j’étais gamine et que ma sœur venait me gonfler, j’allais me plaindre auprès de ma mère qui me disait à chaque fois: "c’est le plus intelligent qui cède". Alors je cédais en pensant que je faisais bien puisque ma mère me le disait. Autant pour lui plaire que parce que ça correspond aussi à ma personnalité. 
Avec beaucoup de recul, environ quarante ans, je comprends mieux les peurs et les croyances de ma mère puisque j’en partage bon nombre avec elle et en replaçant ses paroles dans leur contexte, je peux voir qu’elle jouait le sauveur avec toute la pression que ça suppose. 
Cette observation me montre une fois de plus que nous agissons avec l’extérieur comme nous le faisons avec nous-même. Et qu’au lieu d’affirmer nos vrais besoins, nous exprimons nos manques et exigeons de ce fait, un comportent spécifique de la part de l’autre.
Dans le jeu de miroir, la difficulté est de déterminer ce qui nous appartient et ce qui appartient à l’autre. Ce qui nous appartient, c’est notre ressenti, la façon dont nous gérons ce que nous vivons en dedans, notre capacité à revenir au cœur, mais surtout la reconnaissance de nos vrais besoins et notre fidélité à nos propres valeurs.

Si l’autre me fait réagir, il est clair qu’il a mis le doigt sur une blessure. Je vais donc calmer le trouble intérieur, revenir au cœur de façon à dire ce que je pense, sans accuser l'autre. Même si c’est de l’ordre de la réaction, ça n’en demeure pas moins une réalité pour moi et m’en priver, c’est renoncer à être vrai. L’autre dispose aussi de filtres, de stratégies, de moyens d’intégrer…mais c’est son problème, ça ne me concerne pas.

Et en tant qu’humain nous disposons d’un magnifique outil, de part et d’autre : le dialogue ! Parfois, il faut hausser le ton pour se faire entendre et prendre le risque d’une engueulade. Il ne faut pas confondre la peur de s’affirmer et donc d’être désavoué, avec un genre de fausse sagesse qui consiste à taire son ressenti.

Je pense que l’empathie vient en partie de cette tendance à croire que nous devrions être plus mature que l’autre et pour cette raison nous lui accordons beaucoup de circonstances atténuantes. Mais est-ce vraiment juste ? La maturité n’implique pas d’être responsable des autres. Il s’agit de s’assumer en totalité, donc de se faire passer en priorité. 
Toute cette empathie résulte du besoin inassouvi de l’enfant intérieur et constitue un appel de sa part mais il ne demande pas à ce que nous soyons juste envers l’autre mais avant tout envers lui (notre enfant intérieur), nous-même.

Quand on amplifie l’amour vrai de soi, par l’écoute de nos vrais besoins, ceux de l’enfant intérieur, on comprend que notre part vulnérable a besoin de Notre soutien et pas d’être pris en charge par un conjoint, un parent, un ami…



Et comment pourrait-on répondre à nos besoins sans passer par l’affirmation de ceux-ci dans nos échanges avec l’extérieur ? Pour les affirmer, il ne faut pas craindre d’être rejeté. Si on sent qu’on hésite à le faire, il nous faut nous tourner vers l’intérieur et amplifier l’amour de soi. 
Si nous n’exprimons pas ce que nous ressentons, nous allons essayer de convaincre l’autre, d’avoir raison, nous agissons alors à partir de l’ego, en mode défensif au lieu de rester dans le cœur. 
Le seul fait de réprimer son ressenti est une forme de trahison d’un aspect de soi, évidemment celui qui est le plus spontané, vivant. Je le répète, c’est un déni de soi et ce comportement nous sera renvoyé en pleine figure sous la forme d’une trahison, d'un abus de la part de l’autre.

Si nous affirmons nos besoins, sans douter de leur légitimité et de notre droit à le faire, l‘autre ne sera pas en réaction. Et s’il réagit, ça ne nous appartient pas, c’est son problème, son histoire, même si nous faisons un bout de chemin avec cette personne.

Le dialogue est un moyen de s’entendre, de se comprendre et d’avancer ensemble mais pour qu’il soit équitable, il faut s’autoriser à dire sincèrement ce que l’on ressent. Pour être sincère, il faut être transparent et bienveillant avec soi-même. Tant qu’on rejette des aspects de sa personnalité, on n’est pas authentique et on ne peut pas vraiment se connaitre ni se reconnaitre. L’autre mettra alors en exergue ce que nous devons accepter en nous et seulement en nous. 
Ce qui veut dire que nous n’avons pas à subir le comportement de l’autre même si nous portons cette « chose » en nous. Si nous accueillons cet aspect en nous autrefois rejeté, nous saurons affirmer nos valeurs sans craindre d’être rejeté et c’est de cette façon qu’on amplifie l’amour vrai de soi ainsi que la confiance en soi.

Le coup de fil avec ma mère m’a permis de m’affirmer, c'est-à-dire d’exprimer mon ressenti, mes peurs mais comme j’ai accueilli tout ceci au niveau émotionnel/énergétique, pendant la semaine, je n’ai pas été excessive ou accusatrice. J’ai pu dire mon amour pour elle et donc la joie que suscitait son éventuelle venue mais aussi mes craintes à ce sujet. Comme j’avais trouvé une forme d’équilibre vis à vis de la situation et que j’ai pu dire à ma sœur que j’aurais aimé qu’on décide ensemble d’inviter ma mère, le surplus énergétique a été allégé, libéré de la peur. Du coup, il n’y avait plus d’agressivité et nous avons pu parler de cœur à cœur en gardant l’essentiel en mémoire, l’amour filial que nous partageons et voulons préserver.

Je n’ai pas fait de stage en communication non violente parce que je considère que c’est une forme de communication naturelle, une capacité que nous avons tous dès lors que nous sommes en notre cœur, que nous avons conscience de notre propre valeur et de celle de l’autre. Mais aussi de nos limites, de notre vulnérabilité et de celles de l’autre.

En tant qu’individu, il incombe à chacun de restaurer la relation avec les aspects de soi refoulés, jugés faibles, négatifs…En accueillant notre vulnérabilité, nous libérons aussi notre force et les énergies s’équilibrent naturellement. 
Plus nous osons vivre les émotions que nous avions refoulées et plus l’amour de soi amplifie. La relation avec soi-même détermine notre comportement avec les autres et l’effet miroir est un cadeau pour les deux personnes impliquées dans une relation. Pour peu qu’on ne cherche pas à changer l’autre mais au contraire à utiliser ce qu’il nous renvoie pour ancrer l’amour en soi. Il en sera aussi bénéficiaire puisque nous ne serons plus dans l'attente, dans l'espoir qu'il comble nos carences.

Quand on pardonne quelqu’un, on distingue la personne des actes. On accepte ce qui est ou qui fut mais on doit aussi dire stop. Et on le fait en osant affirmer nos besoins actuels. J’ai remarqué que j’excusais facilement le comportement de mon père puisque j’ai cherché à comprendre son point de vue en me mettant à sa place. Il a reproduit ce qu’il a vécu comme la plupart des enfants abusés. Bien que ça m’ait aidé à le pardonner, ce comportement a été longtemps préjudiciable pour moi-même parce que je n’ai pas eu ce regard compatissant pour l’enfant que j’étais. 
Cette étape est essentielle et c’est en osant se pardonner, en ayant autant de compassion pour soi que pour l’autre que ça se réalise.  
Le fait de comprendre une situation ne suffit pas à s'en libérer, seule l'acceptation le permet. Or l'étape essentielle du pardon est avant tout destinée à nous ramener au cœur, en notre cœur afin d'y accueillir à bras ouvert tous les aspects de soi qui ont souffert de la situation, qui ont été lésés. C'est de cette façon qu'on rétablit la justice en soi et qu'on sort de la position de victime.   

Il y a un déséquilibre dans le fait de trouver des circonstances atténuantes à l’autre et d’oublier d’avoir le même regard sur soi. On perpétue l’injustice tout en considérant l’autre comme quelqu’un d’ignorant ou d’incompétent. 
Finalement on croit être dans l’amour, dans le cœur alors que ça trahit un ego déséquilibré. Un ego qui manque de reconnaissance, qui est perçu comme inférieur. Pourtant, il a pour fonction de nous protéger, de protéger l’enfant intérieur, notre vulnérabilité, de toute agression extérieure.   
Et même lorsqu’on sait cela, lorsqu’on veut gérer son monde de façon consciente, il est nécessaire, indispensable à notre bien être et notre évolution. On a plutôt tendance à vouloir l’évincer, le critiquer au lieu de l’associer au cœur.

C’est justement cette attitude qui créé le déséquilibre interne et la disharmonie. Mais je ne freine plus mes coups de gueule à son égard. Même si je sais que le dialogue qui se déroule alors est un jeu ente les différents aspects de l’être, je l’exprime jusqu’à trouver la paix. Je la trouve en ne critiquant pas l’agressivité dont je fait preuve à l’égard de l’ego qui s’affole tout naturellement à l’idée de nous voir échouer dans la tentative de prise en charge de notre monde intérieur. Il est conditionné pour protéger et on peut considérer que c’est une forme d’amour même si la peur sous-tend chacune de ses interventions.

Remettre en question son mode de fonctionnement fait ressortir naturellement nos plus grandes peurs. Mais en apprenant la maitrise émotionnelle, les énergies en soi se pacifient, s’équilibrent et on n’est plus dans l’excès qui nous fait pencher d’un côté ou de l’autre. On accepte peu à peu ses ombres et c’est la plus grande preuve d’amour qu’on puisse accorder à tous les aspects intérieurs. Le résultat est magnifique puisque l’amour en soi amplifie et nous libère de tout attachement extérieur.
Mais ça ne vient pas d’un seul coup, c’est justement en osant être soi-même, en ayant l’audace de dire ce que l’on ressent, dans l’instant, jour après jour, que nous amplifions l’amour en soi.

Tout ce que nous refoulons est justement ce qui nous manque pour devenir entier, complet et équilibré. 
C’est dans cette ombre que se cachent les réponses à nos questions, les solutions à nos problèmes et en général, il suffit de l’amener en son cœur pour le voir. Et de l’accepter pour que question et réponse s’emboitent, se complètent. 
Plus nous aurons du mal à accepter ce que nous sommes en totalité et plus l’extérieur nous agressera. Notre vision sera déterminée par nos croyances et l’interprétation des faits totalement faussée.
Les énergies de la source agissent sur chacun et bien qu’elles nous invitent  à nous aimer pour de vrai, on les manifestes selon nos carences, nos besoins et nos manques. 
La mode des selfies en est une des manifestations. Tout comme la célébrité, l’attrait pour les vedettes. 
Ce qu’on aime chez eux, c’est leur charisme, leur personnalité qui démontre un amour de soi qui même s’il peut paraitre égotique, narcissique, n’en demeure pas moins la base du bien-être individuel et collectif. L’attrait nous montre nos carences et nos besoins, que ces personnes manifestent en osant être sur le devant de la scène. Notre envie, notre jalousie peuvent nous montrer où nous en sommes à ce sujet.  

Être son propre héros tout en ayant du respect pour les autres, est selon ce que je sens, l’invitation de la source actuellement. Il nous faut trouver l’équilibre à l’intérieur, manifester un amour inconditionnel pour soi-même de sorte que cette attitude d’ouverture puisse se déployer vers l’extérieur sans que nous l'ayons voulu.  

Vouloir, très souvent est une façon d'affirmer un manque ce qui n'est pas la même chose que d'affirmer ses besoins. Nos besoins fixent les limites vis à vis de l'extérieur mais nos manques n'attendent que d'être reconnus et comblés par nous-même, par l'acceptation.


Vous pouvez diffuser ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de ne rien modifier (sauf correction des fautes d'orthographe), de citer l’auteur : Lydia Féliz, ainsi que la source : http://lydiouze.blogspot.fr  et ces trois lignes. Merci

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