dimanche 18 août 2013

"Penser à soi ou penser à l’autre ?" Dr Véronique Baudoux



Voici la suite des articles concernant les relations de couple. Comme d'habitude, je partage avec vous ce qui me semble aller vers une meilleure compréhension de soi, de la vie et qui permet de vivre mieux. Être célibataire n'est pas forcément un souhait à long terme même si c'est un choix. Il est clair que pour bien vivre une histoire d'amour, il est nécessaire de s'aimer d'abord soi-même de façon à ne pas attendre de l'autre mais à être en mesure de donner et de recevoir dans un esprit de liberté et d'échange épanouissant. 





(Être en relation ou être soi, épisode 2)
Le postulat de départ de l’éducation d’un enfant est qu’il faut modifier ses attitudes «naturelles» imparfaites afin de lui assurer de pouvoir trouver sa place dans la communauté et dans le monde extérieur.
Durant notre enfance, nos parents ont donc essayé de nous apprendre une série de valeurs et de comportements qui leur semblaient importants afin que nous correspondions  aux attentes des autres.
Certains parents transmettaient également le message inconscient : «Si tu ne fais pas ceci ou cela, je vais être très malheureux(se)»
Et lorsque nous n’agissions pas selon leurs demandes, nous avions l’impression que nous risquions alors de perdre leur amour.
Nous avons donc assimilé que nous devions impérativement nous transformer nous-mêmes pour donner à l’autre ce qu’il a besoin de recevoir pour être heureux.
Et bien que je ne renie aucunement l’importance d’un certain code de bien savoir vivre ensemble que nos parents ont eu raison de nous inculquer et auquel je suis moi-même très attachée, je constate que la manière de transmettre ce code de valeurs aux enfants ne distingue pas toujours suffisamment l’être du faire.
Les parents ne savent pas toujours assurer aux enfants que leur amour est inconditionnel et ne dépend pas de leurs actions.
La croyance qui en découle est celle-ci : «Ce que je suis est «mauvais» et ne suffit pas pour que l’autre m’aime. Il faut donc que je me transforme pour être aimé».

Non seulement nous sommes conditionnés à croire que l’amour de l’autre dépend de ce que nous faisons ou ne faisons pas mais, inversement, nous avons intégré que notre propre bonheur (et notre amour pour l’autre) dépend de ce qu’il/elle fait ou ne fait pas.

Nous sommes donc imprégnés, dès le départ, d’une vision faussée de l’amour et notre bonheur est fondé sur des dépendances à l’égard des actes d’autrui. Parallèlement, nous sacrifions souvent des choses importantes à nos yeux pour rendre l’autre heureux.

Mais si se renier soi-même pour correspondre aux attentes de l’autre pourra lui donner une sensation provisoire d’être plus heureux en comblant son insatisfaction, à long terme, l’autre sera toujours insatisfait. Car son bonheur ne venant pas de l’intérieur, il sera toujours à le quémander, l’extérieur se devant sans cesse de le rendre heureux.

Inversement, en nous plaçant dans la position d’attente que ce soit l’autre qui comble nos manques, répare nos blessures et nous rende heureux, nous devenons comme des toxicos dépendants de leur «produit» pour se sentir bien et nous plaçons l’autre dans le rôle de fournisseur de notre « came »
En se construisant sur ces fausses croyances concernant l’amour, le couple devient rapidement l’association de deux êtres insatisfaits de leur sort, essayant sans cesse de correspondre aux désirs de l’autre et attendant de l’autre qu’il lui fournisse sa dose de bien-être.
Dans de telles conditions de fausses croyances, avec le temps, le manque de base de chacun s’agrandit encore par toutes les renonciations, les sacrifices, les efforts que nous faisons pour être différents de ce que nous sommes.

Et, finalement, nous réalisons que le couple ne remplit pas ce rôle que nous lui avions attribué, à tort, de combler nos manques. Mais qu’au contraire, la vie de couple nous prive encore plus de la possibilité de nous donner à nous-mêmes ce dont nous avons besoin, tant nous nous épuisons à donner à l’autre ce dont il a besoin.
J’en vois tant de ces couples dans lesquels chacun a la sensation d’avoir tout donné et rien reçu… !
Et dans lesquels chacun finit par attribuer à l’autre la responsabilité de son malheur… !
La thérapie de couple devient alors pareille à ce qui se passe après une guerre : on compte les morts et on fait l’inventaire de toutes les destructions.

Ce qui éloigne complètement de l’essentiel : se consacrer à réparer ses blessures personnelles de base afin de pouvoir combler soi-même ses propres manques.

Car ce n’est qu’en partant d’un état de bonheur intérieur (dont nous sommes les seuls responsables) que l’on peut alors réellement donner à l’autre et être heureux en couple.
Comment pouvez-vous éviter que votre couple, présent ou futur, ne devienne la source du sacrifice de vous-même et donc de votre malheur ?

Soyez le centre de votre monde

 

Vous souvenez-vous de ces rondes de notre enfance dans lesquelles nous étions tous en cercle et où un des participants, placé au centre du cercle, choisissait l’un ou l’autre pour continuer le jeu ?
Vous souvenez-vous de ces émotions étranges : la peur de ne pas être choisi(e), la peur d’être choisi(e), que pense-t-il (ou elle) de moi, qu’est-ce que les autres vont penser de moi, comment faire pour être choisi(e)… ?
Dans cette position de faire partie du cercle, ce sont les autres qui sont au centre et qui peuvent vous choisir (ou non).
Ce sont donc les autres qui ont le pouvoir de décider si vous entrez (ou non) dans le jeu, dans leur vie…
Ce sont donc les autres qui ont le pouvoir de décider si vous méritez leur attention, leur affection, leur amour…
Ce sont donc les autres qui ont le pouvoir de déterminer votre valeur…

Dans cette position d’être à la périphérie, vous n’avez pas le pouvoir de décider d’entrer dans le jeu… Vous n’avez pour seule possibilité d’action que celle de vous rendre suffisamment attrayant(e), intéressant(e), séduisant(e), agréable, aimable… afin que les autres vous choisissent pour faire partie de leur vie.

Cette situation de dépendance vous pousse à sacrifier certaines choses importantes pour vous et à renier certaines parties de vous-mêmes et donc à dépendre de plus en plus des autres pour combler vos manques et vos besoins.

Et si vous changiez de place dans le cercle ?
Et si, au lieu de vous placer en périphérie, vous preniez la place centrale ?
Il ne s’agit pas de vous considérer comme LE centre DU monde mais simplement de vous considérer vous-même comme étant le centre de VOTRE monde.

Concrètement, cela signifie :

 Vous êtes le seul responsable de votre bonheur et de vos malheurs
Vous êtes créateur de votre réalité : que créez-vous ?

 Puisez dans vos propres ressources pour satisfaire vos besoins essentiels
N’attendez plus d’être rempli par l’extérieur et remplissez-vous vous-même.

 Pratiquez l’auto-validation
Félicitez-vous pour tout ce que vous réussissez  et entretenez un image positive de vous-même.

 Choisissez avec qui et avec quoi vous souhaitez entrer en relation
Si c’est vous qui êtes au centre, c’est vous qui choisissez ce que vous faites entrer dans le jeu de votre vie.

 Dites adieu à la culpabilité
Vous ne pourrez jamais plaire à tous ni faire ce que tous souhaiteraient que vous fassiez.

Lâchez-prise sur les rôles que vous jouez dans la vie des autres : eux-aussi sont responsables de leur propre bonheur.

Certains diront peut-être que se placer au centre de son monde est très égoïste…
Que, pour vivre ensemble, il faut faire des concessions et que l’on ne peut pas toujours ne penser qu’à soi…
Et ce sont ces croyances qui nous empêchent souvent de prendre cette position centrale dans notre vie.

Car, le véritable égoïsme, c’est exiger d’une personne qu’elle renonce à elle-même pour combler le manque de sens dans ma vie. C’est manipuler les choix de l’autre, l’empêcher d’être heureux, parce que je suis incapable d’assumer mon bonheur par moi-même.

Se placer au centre de votre vie c’est, au contraire, assumer tellement bien votre propre bonheur que l’autre peut alors être exactement ce qu’il souhaite être et faire exactement ce qu’il souhaite faire.

Choisir votre propre chemin, c’est offrir à l’autre la liberté de choisir son propre chemin…

Être attentif à vous et à votre bien-être, c’est permettre à l’autre d’être attentif à son propre bien-être…

Construire votre bonheur, c’est amener dans la relation une personne heureuse plutôt qu’une personne malheureuse…

Alors, pensez à vous pour offrir à l’autre le meilleur de vous-même !

Article rédigé par Véronique Baudoux que vous pouvez lire à cette adresse : "Blog Réussir son couple"


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