lundi 12 août 2013

Le célibat : choix constructif ou résignation désenchantée ? par Véronique Baudoux




Comme la pluie s’est enfin invitée, j’ai tout le loisir de partager avec vous quelques découvertes glanées sur le Net. En me promenant sur le site de Véronique Baudoux, j’ai copié collé quelques articles que vous pouvez trouver dans leur intégralité à l’adresse suivante : veroniquebaudoux.com
J’avoue que ça m’a fait réfléchir et donné envie de creuser un peu plus le sujet. Le prochain article abordera la question du bien vivre avec soi pour bien vivre à deux. Je vous laisse expérimenter les réactions que cette lecture suscitera en vous puisque bon nombre de personnes sont actuellement célibataires et représentent 14% des français. De toute façon qu’on soit seul ou en coupe, ce qui suit vaut le détour.


Le célibat : choix constructif ou résignation désenchantée ?
On ne peut pas aborder le sujet de l’amour et des relations de couple sans évoquer aussi le célibat.
Parfois, c’est un choix personnel, parfois il semble avoir été imposé par le destin…
Parfois, il ne dure qu’une courte période, parfois il devient un mode de vie…
Certains le voient comme un échec et d’autres considèrent que pour vivre heureux il faut vivre seul.
Parfois il permet de mieux connaître ses propres besoins, d’apprendre à mieux se respecter soi-même et donc de devenir de plus en plus aptes à créer des relations amoureuses épanouissantes.
Mais parfois il peut nous rendre rigides, intransigeants, et donc de moins en moins capables de faire les concessions indispensables à une vie de couple harmonieuse.
Après une séparation, le célibat peut être l’occasion de profiter d’une liberté retrouvée pour se reconstruire et se redéfinir soi-même…
Mais il peut être aussi une manière de se refermer sur ses blessures et être principalement motivé par la peur d’être à nouveau blessé.
Ressemblant à une vie de rêve lorsque l’on étouffe dans un couple malheureux, il est cependant fréquent, lorsqu’on le vit, que l’on se prenne  alors à rêver d’un couple parfait avec l’âme sœur parfaite.
Et s’il présente certainement de nombreux avantages en terme de liberté, dans une société centrée sur le couple et la famille, le célibat a cependant un prix…
Un loyer plus difficile à assumer, les vacances avec supplément «single», les dates de congés que l’on choisit en dernier pour donner la priorité aux collègues ayant des enfants, des horaires de travail qui se prolongent puisque personne n’attend à la maison, ces amis que l’on voit de moins en moins parce que l’on finit par se sentir de trop au milieu de tous ces couples qui se sentent menacés car on pourrait séduire leur moitié.
Et les regards soupçonneux qui semblent dire «Qu’est-ce qui cloche chez toi ?»
Lorsque le célibat succède à un divorce et qu’il y a des enfants, la gestion en solo de toute la logistique quotidienne n’est pas simple. Et ce n’est rien en comparaison du paradoxe que l’on peut vivre de se sentir déchiré lorsque les enfants sont absents mais envahis lorsqu’ils reviennent.
Alors, entre ceux qui lèchent leurs plaies et ceux qui papillonnent, entre ceux qui cherchent désespérément à reformer un couple et ceux qui jurent mordicus qu’on ne les y reprendra plus, entre ceux qui le choisissent et ceux qui le subissent, existe-t-il un célibat heureux ?
Peut-on vivre cette étape de solitude non pas comme une souffrance mais comme un plaisir d’être avec soi-même ? Savourant les avantages tout en restant ouvert aux vraies rencontres et capable de changer de modèle si la vie le voulait ?
Sylvie Honoré m’a fait la gentillesse de m’inviter dans son émission « La vie du bon côté » pour aborder ce thème avec les auditeurs…
En lisant les commentaires et témoignages que les auditeurs ont envoyés par sms, j’ai été interpelée par certains point communs chez les personnes célibataires heureuses : elles disent presque toutes qu’elles sont beaucoup mieux en étant célibataires que lorsqu’elles étaient en couple.
Mais,(et c’est bien cela qui m’interpelle), les raisons de ce mieux-être sont de l’ordre d’avoir retrouvé de la liberté dans de nombreux domaines :
« Maintenant, je peux enfin m’habiller comme je le veux, manger ce que je veux, parler à qui je veux, faire ce que je veux… et je n’ai de comptes à rendre à personne ! »
Waouw ! Cela signifie donc que, lorsque ces personnes vivaient en couple, elles ne pouvaient pas s’habiller comme elles le voulaient, manger ce qu’elles voulaient, faire ce qu’elles voulaient, parler à qui elles voulaient et qu’elles devaient rendre des comptes à leur partenaire !
Si leur couple était une telle prison, ce n’est pas étonnant qu’elles préfèrent le célibat !
Et il n’est pas étonnant non plus qu’elles défendent farouchement leur indépendance afin de s’assurer que plus jamais personne ne les mettra en cage.
Le risque étant que, derrière cette protection, ne se développe petit à petit une sorte de rigidification les rendant de moins en moins aptes à se laisser transformer par la relation à l’autre.

Car toute relation (qu’elle soit amoureuse ou non) se présente dans notre vie avec la potentialité de faire de nous PLUS que ce que nous sommes.

En restant dans la crainte de voir notre liberté supprimée, nous plaçons une sorte d’armure autour de nous et cette armure nous rend plus imperméables à ce que l’autre peut modifier en nous.
Les fervents adeptes de la liberté prennent souvent des positions fermes de type « Je suis comme je suis, je ne changerai pas » ou « Avec moi, c’est comme cela et il faut l’accepter ou partir ! ».
Même si on peut comprendre que, derrière cette forme d’intransigeance, il y a surtout de la peur, il n’en reste pas moins qu’il y a alors peu de souplesse et peu de possibilités de changements.
Et le problème pourrait être que ce manque de souplesse, ce manque d’ouverture à la transformation intérieure, risque de se manifester dans toutes les sphères de la vie : familiale, amicale, professionnelle…

Or, le propre de l’être humain n’est-il pas d’être capable de changer ? La vie n’est-elle pas une perpétuelle transformation ?
Le goût du célibat semblant donc provenir d’un dégoût du couple, mon questionnement est alors : « Pourquoi tant de couples semblent-ils être des prisons ? »
Est-ce un problème venant du couple lui-même ou de nos propres croyances ?
Car, dans les témoignages des auditeurs qui se félicitaient de leur célibat et de leur liberté retrouvée, il y  avait deux constats :
- Soit elles avaient été englouties dans des relations infernales avec des partenaires  pathologiques (jalousie morbide, violence, alcoolisme…)
- Soit la relation avait été fortement déséquilibrée par une tendance sacrificielle.

Mais dans ces deux cas, elles avaient fonctionné avec une croyance intérieure qu’il leur fallait tout donner en s’oubliant elles-mêmes.
Et étaient passées d’un excès à l’autre : de l’excès du sacrifice de soi dans le couple à l’excès de protection de soi dans le célibat.

Plutôt que de basculer d’un excès à l’autre, ne serait-il pas intéressant de se demander ce qu’il y aurait lieu de faire pour que le couple devienne un lieu de liberté ?
De quels conditionnements culturels et de quelles croyances intérieures devons-nous nous libérer, de quelles blessures devons-nous guérir  pour devenir capables d’entrer en relation avec l’autre sans y laisser nos plus jolies plumes ?
Comment trouver, au sein de la relation (quelle que soit la forme que nous lui donnerions), le juste équilibre entre rester soi-même et se laisser transformer pour devenir plus que soi-même ?
Finalement, cela nous ramène à une question qui dépasse largement celle de choisir entre le couple et le célibat, une question quasi-existentielle : « Comment être soi tout en étant avec les autres ? ».
Et c’est lorsque nous parvenons à ce bel équilibre que nous pouvons être heureux, que nous soyons en couple ou célibataire...
Véronique Baudoux 

La suite dans un prochain post.

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