jeudi 20 juillet 2017

Extrait du "Livre du voyage", de Bernard Werber (auteur du livre: "Les Fourmis"):





« Il est cubique, titanesque, froid.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C’est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles de tes professeurs, de tes chefs hiérarchiques, des policiers, des militaires, des prêtres, des politiciens, des fonctionnaires, des médecins, qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.
C’est le Système.
Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
carnets de notes, P.V., formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé, feuilles d’impôts majorés pour cause de retard de paiement,
formulaires de licenciement, déclarations de fin de droit au chômage,
quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d’huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d’état civil datée de moins de deux mois…


Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.
Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
D’autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c’est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.
Le Système approche.
Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n’as aucun choix ni aucun moyen de l’éviter.

Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.
La quoi ?
LA RÉVOLUTION.
Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
« Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.
En agissant ainsi, non seulement tu n’as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
 
Regarde, il vient de resserrer les colliers d’un cran en prétextant que c’est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.
Avant, ils avaient encore un petit espoir d’élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c’est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
 
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?
Désolé, j’aurais dû t’avertir.
Le Système se nourrit de l’énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.
Tu t’es fait piéger !
Ne t’inquiète pas : tu n’es pas le premier.

Alors, que faire, se soumettre?
Non.
Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
 
Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.

 
Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !
Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d’envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s’est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
Invente. Crée. Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu’à un château de sable, c’est la meilleure manière de t’attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.
C’est parce que personne ne propose autre chose d’intéressant que le Système écrase les gens.
 
De nos jours, il y a d’un côté les forces de l’immobilisme qui veulent la continuité, et de l’autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l’immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.

Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l’avant.
Invente-la.
Ne t’attaque pas au Système, démode-le !
Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.
Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c’est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t’encourage à continuer.
C’est ça qui est incroyable.
 
Le Système n’est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté.
Et il attendait depuis longtemps que quelqu’un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
Ils se disent qu’ils peuvent faire de même.
Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives. »

Ce texte est extrait du Livre du voyage, écrit par Bernard Werber (rendu célèbre par Les Fourmis). 
Lu sur: http://positivr.fr/bernard-werber-systeme-societe-revolution-demode-livre-voyages/





On pourrait se demander ce que fait un texte de ce genre sur un site qui parle de spiritualité mais comme tout est lié, comme la société est le reflet des mondes intérieurs associés, des individus qui la compose, il a tout à fait sa place.

On voit la société comme quelque chose que l’on subit, l’état comme un chef injuste en oubliant que nous sommes La société et que Nous élisons ses chefs.
Et au-delà de cela, elle est le reflet de notre comportement vis-à-vis de nos pensées, de nos émotions, de la façon dont nous traitons les aspects de nous-mêmes, les voix, les énergies, par le contrôle, le déni, le rejet.
La peur du manque, le besoin de sécurité, de protection nous voilent la réalité et fausse notre vision. 
On oublie que l’état c’est la structure censée gérer le bien commun, que les impôts sont la richesse commune à laquelle chacun participe, qu’il soit employé, artisan, chômeur, assisté, fonctionnaire, chef d’entreprise, et même enfant. Toutes les marchandises sont taxées et tout le monde paie la TVA également, sans distinction, sans qu’on tienne compte de son budget. En ce sens, mois on a et plus ça nous coûte cher. 

On élit des personnes qu’on veut compétentes et représentatives, qui correspondent au modèle idéal de chef, basé sur l’esprit de compétition, on veut des gagnants. On projette sur les dirigeants, le modèle idéal qu’on voudrait atteindre parce qu’on s’imagine que le bonheur dépend du succès, de la richesse mais on vit par procuration. Ce modèle idéal on ne s’autorise même pas à le vivre franchement, on ne fait qu’envier ceux qu’on suppose supérieurs chanceux. On attribue aux autres un succès bâti sur des spéculations, un esprit de compétition à l’image d’un rouleau compresseur et cela nous effraie autant que ça suscite de l’envie. Et quand on s’autorise à avoir du succès on suppose que c’est en travaillant dur, en luttant et en dominant qu’on y arrivera…juste parce que « c’est comme ça », parce que ce sont les règles du jeu.

La révolution intérieure révèle le sens des valeurs, celles qui nourrissent nos besoins essentiels, elle implique qu’on devienne responsable de nos blessures, de nos pensées, du choix de nos croyances.
On sait maintenant que rien n’est fixé, que nos gènes sont malléables, que nos émotions sont des enseignants, que leur énergie est le matériau de la création, que l’harmonie, l’équilibre et la paix mènent au bonheur, que ces vertus, ces vibrations sont notre nature véritable, l’essence même de la vie. 
Le processus d’individualisation se réalise de l’intérieur non plus en réaction face à l’extérieur mais selon notre essence originelle et éternelle. 

L’extérieur est utilisé comme le miroir de nos profondeurs, de nos blessures, des croyances illusoires mais aussi de ce que l’humain porte en lui de plus beau. 
Dans ce processus d’accueil, d’observation neutre, on voit la lumière en l’ombre, le sens de notre passé, son potentiel de réalisation, la sagesse qu’il nous livre. 

On devient son propre maitre, sa propre autorité, sans avoir à lutter contre les autres, sans avoir besoin de s’imposer en dominant, d’avoir raison. 
Une société où chacun est maitre de lui-même, responsable de sa vie de ses choix, qui n’envie pas le sort des autres, qui s’est libéré des croyances invalidantes, qui connait et chérit les valeurs communes à tout humain, l’amour et l’intelligence, le respect de soi et la fraternité, n’est plus un fardeau mais une communion d’esprit, de cœur et d’actions au bénéfice de tous et de chacun. 
Une belle utopie ? Non, une réalité qui se construit pas à pas, en chaque être qui écoute et suit son cœur, qui réalise l'unité intérieure. 
La vérité est ailleurs…elle est en notre propre cœur, dans l’unité des corps, l’harmonie des éléments…la conscience affranchie...


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