mercredi 6 avril 2016

« Les quatre types de deuil dont nous souffrons » Sarah Boucault





Nous, les êtres humains, vivons en nous liant émotionnellement à des personnes qui, quand elles nous abandonnent, provoquent un deuil très douloureux.
Le deuil est un sentiment de douleur, un sentiment qui surgit quand une personne est partie et qu’en nous, commence une bataille de «je veux mais je ne peux pas».
“Toute perte du passé non guérie se transforme en un poids qui m’empêche de voler de mes propres ailes, d’avancer.”
-Bernardo Stamateas-

La réalité de la perte
Quand nous sommes submergés par une perte profonde, nous nous rendons compte qu’il est très difficile d’en sortir. Pour commencer, nous devrons faire face à cette bataille intérieure : une partie accepte la perte mais l’autre refuse de l’accepter.

C’est quelque chose de naturel, quelque chose que nous devons comprendre. 
Ne culpabilisez pas et ne vous sentez pas mal pour autant. 
La relation que vous avez est des plus normales et les hauts et bas constituent une des caractéristiques du deuil. 
Il y a des choses qui vous font avancer et d’autres qui vous font stagner. L’important est votre progression d’un point de vue général.
“Ne confondez pas souffrance et amour, ni surmonter la douleur et oubli…”
-Margarita Rojas-


Maintenant que vous savez ce qu’est le deuil, il est nécessaire de connaître les différents types de deuil qui existent.
Connaître cela vous permettra de vous analyser, si vous êtes en train de traverser un moment difficile, si dans le futur, vous devez affronter un deuil ou si l’un de vos proches le vit. Ainsi, vous comprendrez mieux ce qui se passe, vous l’accepterez et vous le dépasserez.

1. Le deuil pathologique
Dans le deuil pathologique, la partie d’acceptation de cette perte n’arrive jamais vraiment. Seule la négation a lieu.
Dans l’esprit de la personne qui en souffre, des mécanismes qui la protègent de cette réalité qui lui fait si mal se mettent en marche. 
C’est comme si la personne avait créé une sorte de terrain fantôme sur lequel marcher au bord de l’abîme, sans payer le prix de la chute mais sans non plus pouvoir revenir sur la terre ferme.
“Supporter n’annule pas les pertes.”
-Bernardo Stamateas-
Dans l’esprit de la personne, apparaissent des phrases telles que : «ici il ne s’est rien passé», «rien n’a changé» etc. La douleur s’empare d’elle mais petit à petit, elle devient la pluie qui transperce les os.

2. La négation du deuil
Il paraît similaire au deuil psychologique mais il n’a rien à voir. Dans la négation du deuil, la personne triste n’arrive pas à exprimer ce qu’elle ressent, ce qui provoque en elle un intense mal être.
Avaler, réprimer n’a jamais été bon. Parfois, pleurer permet de nous libérer de tout ce qui nous fait mal.
“Ne pas se permettre de sentir ce qui arrive véritablement finira par faire mal au corps et à l’âme.”
-Bernardo Stamateas-

Ce type de deuil surgit chez les personnes qui considèrent que pleurer ou souffrir les rendra fragiles face aux autres. C’est pour cela qu’elles gardent tout pour elles… jusqu’à ce qu’elles n’en puissent plus et explosent de manière totalement imprévisible et sans contrôle.

3. Le deuil intensifié
Dans le deuil intensifié, la personne qui en souffre lâche tout ce qu’elle a en elle sans rien réprimer du tout. Elle peut pleurer, crier, exprimer sa colère…

On peut penser que c’est bon mais une telle expression de la douleur, qui se vit d’une manière peut-être plus profonde, provoque souvent la dépression.

On ne se casse pas parce qu’on tombe, on tombe car on est déjà fait de morceaux.
Il est bon d’exprimer ce que l’on ressent, mais en choisissant la manière. Nous ne devons pas non plus chercher une récréation dans la douleur uniquement, comme un mode d’expiation de la culpabilité.

4. Le deuil ambigu
Le deuil ambigu est présent dès lors qu’on ne sait pas si la personne est morte ou pas.C’est le cas dans les disparitions, les personnes enlevées, etc.
C’est un type de deuil qui est aussi connu sous le nom de «deuil congelé» car la personne a toujours l’espoir de recevoir des nouvelles. La sensation de ne pas comprendre ce qui se passe et de ne rien savoir font que c’est peut-être le pire type de deuil dont on peut souffrir, jusqu’à ce que l’on sache quelque chose…

“Quel que soit le deuil que nous vivons, nous apprenons que la douleur n’est pas un état, mais un processus. Nous avons besoin de compter sur le temps et le lieu pour vivre cette douleur et enfin, nous réconcilier avec la vie.”
-Bernardo Stamateas-

Personne n’est à l’abri du deuil. C’est quelque chose par lequel nous passons tous à un moment de notre vie. Le deuil est une situation douloureuse, mais aussi de dépassement.
Connaître ces deuils permettra de mieux comprendre ce qui vous arrive et vous fera ouvrir les yeux vers un futur plein d’espoir. 
Il est normal de souffrir, mais toutes les tempêtes ont fini par passer… et avant que vous puissiez dire ouf, vous irez de l’avant à nouveau.

Sarah Boucault





Il y a beaucoup de choses à apprendre du deuil, et déjà en effectuant les étapes nécessaires qui mènent à l’acceptation, on aura compris des choses sur la vie, sur nous-même, sur l’amour véritable, les besoins et les blessures. 
On aura appris à mieux se connaitre, à venir au secours de sa détresse, à gérer les pensées émotions, à reconnaitre qu’il y a en nous un consolateur, une énergie maternelle qui agit comme un baume puis on saura mieux relativiser les choses. On deviendra responsable et autonome, capable de se prendre en charge sur le plan affectif.

On comprendra que l’attachement quel qu’il soit, que ce soit à un être, un "objet" ou même à sa douleur, ou encore au rôle de victime, est la cause de bien des souffrances. 

On verra que notre souffrance est l’expression d’une blessure intime qu’on apprendra à guérir en accueillant ses émotions. 
On apprendra à se centrer pour trouver le juste milieu, à se confier à son cœur, à faire confiance à la vie, à accepter son caractère impermanent, éphémère. 

Chaque évènement de notre vie est une occasion de grandir en conscience, en sagesse et en capacité d’aimer de façon véritable, sans attachements, sans attentes excessives ou illégitimes, de devenir plus lucide et autonome affectivement en prenant en charge nos blessures, en apprenant à unifier les énergies en nous, celle de l’enfant vulnérable et celle de la source père mère. 
On pourra aussi sentir que la mort n’est qu’un passage et se réjouir d’être en vie, ici et maintenant. Dans la paix du cœur qui survient lorsqu'on s'y abandonne en confiance, on trouvera une grande force, sa propre puissance et la capacité à unifier tout ce que nous sommes, à faire du paradoxe humain/divin, une association, une union magnifique.

Mais ce processus doit être vécu dans l’ordre et bien souvent, on veut aller vite, passer de la douleur à la guérison en quelques jours. On essaiera de taire la douleur en l’anesthésiant, en se focalisant sur autre chose, en se donnant à fond dans une activité qui nous permet d’oublier mais tant que les pensées émotions ne sont pas reconnues, acceptées et relâchées, tôt ou tard, notre corps réagira par une maladie. La mal-être ira grandissant pour nous obliger à regarder en nous-même. On ne peut pas oublier mais on peut faire d'un drame, une formidable reconnaissance de son être véritable.

Je récapitule et réécris ce qui est dit selon ma foi, pour gagner en clarté à ce sujet et garder cela en mémoire le moment venu. C’est un processus qui est valable pour tout passage, changement important dans notre vie. Le principe est le même pour toute forme d'épreuves :

1/ Reconnaitre et accueillir sa douleur, l’exprimer, la confier à la source en soi, dans l’instant, sans la nier ou la refouler mais aussi parfois en se donnant le droit de ne pas regarder en soi, de réagir selon des stratégies et les reconnaitre comme telles. Donc de savoir que ça n’est pas une solution bien qu’elle puisse être un soulagement temporaire. Accepter d’être un humain limité et vulnérable tout en sachant qu’on est aussi éternel et qu’on existe au-delà des apparences…
Se donner le droit d'être dans la fuite, le déni et reconnaitre en cela une stratégie de l'ego. Et lorsqu'on peut reconnaitre ses stratégies internes, voir en elle un programme instinctif, il est plus facile de ne pas s'y identifier et de ne pas s'en vouloir.

2/ Écouter les voix qui ont besoin d’être entendues et s’expriment par les pensées émotions d’incompréhension, de rejet, de déni, de refoulement, d’accusation envers la vie, de sentiment d’être victime, de sentiment de culpabilité parfois aussi, de tristesse, de découragement…les accueillir, les entendre dans l'espace neutre du cœur et cultiver ainsi la compassion envers soi, l'auto-empathie

.3/ Ces pensées émotions ont quelque chose à nous apprendre et la première, c’est qu’au centre de notre être, se trouve un espace de paix où nous pouvons être en sécurité, trouver du réconfort, un soutien, une sensation d’infini, de perfection en tout ce qui est…

4/Le fait d’accepter, de reconnaitre ces pensées émotions sans les juger, va nous permettre de devenir conscient de notre nature véritable, tant au niveau humain que divin parce que ces énergies nous révèlent nos besoins véritables et en les percevant dans la neutralité, dans l’harmonie, on pourra s’épanouir en apprenant à nourrir ses besoins, devenir adulte dans le bon sens du terme, entier, complet, lucide et compatissant.

5/ L’élément essentiel et peut-être le plus difficile à vivre, c’est la patience en vers soi, la capacité à reconnaitre et accepter son propre rythme. 
Notre société se base de plus en plus sur l’instantanéité, la rapidité entre le désir et son assouvissement, on veut tout, tout de suite, comme l’enfant capricieux…

C’est aussi en apprenant à accueillir ses émotions, à laisser la source en soi les harmoniser dans la paix du cœur, qu’on se détache de cette sensation d’urgence, ce besoin de contrôle, de combler un manque, un vide. 
La tendresse qui s’écoule en soi, la détente qui se produit lorsqu’on ne résiste pas à ce qui est, nous permet de prendre conscience que nous sommes complets, comblés, que nous ne manquons de rien, que ce sont nos croyances qui nous poussent à croire qu’il nous manque quelque chose.

Cette sensation de manque est une sorte de "moteur de recherche", un stimulateur qui nous pousse à chercher et possiblement à trouver qui nous sommes essentiellement. L’amour qu’on peut sentir en soi quand on lâche prise et la sagesse qui émanent de l’intérieur nourrissent la foi en ce qui est au départ, une vague intuition, un vague souvenir de nos origines « divines ».

C’est un sentiment profond qui permet d’accepter les aléas de la vie et de reconnaitre en cela des maitres, des enseignants. De reconnaitre que nous pouvons être à la hauteur, que nous sommes capables de surmonter toutes sortes d’épreuves et de relativiser quand à la notion de temps linéaire. On voit qu’il est un allié dans le processus de guérison, que c’est un contexte, un outil d’apprentissage qui permet à l’humain de faire des expériences tout comme le sont la dualité, l’espace limité, l’individualité…

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