mardi 18 novembre 2014

« Vouloir contenir la Vie, c’est un projet insensé, impossible ! »






Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ! Voilà le constat du jour qui n’est pas pour me déplaire. Réveillée à 6h par la chaleur et certainement le besoin de produit puisque j’ai encore diminué les doses hier. J’apprécie grandement de ressentir à nouveau les émotions parce que ça ne me revient plus avec violence et parce que ça n’est pas non plus à longueur de journée. Je ne me dis plus que mon bonheur dépend de cette libération à la dépendance puisque celle-ci a son sens. Elle manifeste les croyances de séparation et d’enfermement que je libère peu à peu en accueillant les émotions qui leurs sont associées. 
Ce processus n‘a pas pour objectif de me séparer de la douleur mais plutôt de m’aider à ne pas la rejeter systématiquement ce qui a pour effet de l’amplifier.
C’est une première étape qui nécessite d’agir progressivement et patiemment et le sevrage est en fait un excellent moyen de réintégrer mon corps physique, d’accueillir le vivant, de libérer mon âme de ses blessures, en me familiarisant avec mes émotions, tout en douceur.

 Le fait de diminuer progressivement en étant à l’écoute du corps physique de façon à sentir quand je peux diminuer à nouveau, me permet d’être plus consciente de ce que je suis. Non seulement je trouve la paix mais en plus, comme c’est en étant présente à moi-même que je peux gérer les peurs qui émergent, je me réconcilie concrètement avec mon corps physique, mon ego, l’enfant intérieur, et les énergies s’équilibrent. 
L’âme se dévoile ainsi peu à peu à travers le flux intérieur de la source qui peut circuler sans entraves. L’âme ou le Soi enfin le divin et la personnalité montrent leur "vrai visage" à mesure que les blocages énergétiques sont dissouts. Enfin pour le moment, il s’agit plutôt de laisser tomber les masques et ce qui apparait derrière est sans forme mais bien vivant.

Je suis tombée sur un texte qui me parle beaucoup parce qu’il parle des pièges de la non dualité. En le lisant, je me suis félicitée de ne pas connaitre les religions orientales, de ne pas avoir cherché un maitre à l’extérieur et même si un accompagnement peut aider, ça ne me correspond pas du tout. La recherche d'un maitre amène à suivre un modèle, une image et nous éloigne de notre propre sagesse, de notre être véritable. Même si en découvrant quelques uns des enseignements de ces religions "exotiques", je peux voir les similitudes avec ma démarche, je suis contente d’en être arrivée où j’en suis, en suivant mon cœur et mes convictions profondes.   

J’ai toujours été consciente que la dépendance choisie, était voulue par ma personnalité mais aussi par le divin intérieur. Que celle-ci recélait un pouvoir d’illumination non par l’usage de produits mais par son abandon. Les fois où j’ai arrêté, mes émotions étaient si fortes que je ne pouvais pas les gérer d’autant plus que je ne savais pas du tout comment les aborder. A mesure que j’apprends à me connaitre, à me voir au-delà des peurs, je vois que c’est carrément la vie elle-même que je tentais de contenir. 
C’est un projet aussi insensé qu’impossible.

Maintenant que je sais quoi en faire et que j’ai considérablement allégé la peur qui se tapissait dans l’ombre de l’inconscient, non par des rituels mais bien en les regardant en face, en devenant consciente des mécanismes de l’ego et en reconnaissant en cela la bienveillance de ce dernier, je peux tomber les barrières intérieures sans crainte. 
En diminuant progressivement, tous mes corps sont respectés et sollicités d’une façon qui permet à chacun d’exister selon sa fonction première et à l’ensemble de s’harmoniser.

Quand on accueille une émotion on découvre des aspects cachés de soi qui apparaissent aux yeux du cœur comme des vertus, des attributs, des potentiels inexplorés et inexploités. La vulnérabilité n’est plus un danger mais au contraire elle est perçue comme une capacité à recevoir, une forme d’ouverture, une porte du cœur qui donne accès au divin, à la puissance de l’amour. La douleur indique une résistance ou un blocage qui se dissolvent dans le calme de la présence consciente à ce qui se manifeste. 
Il n’y a plus de mouvement de rejet et c’est cela qui permet de guérir la blessure de rejet. Même le mouvement instinctif de fermeture est perçu et comme il n'y a pas de jugement, le repli sur soi n'est plus une fuite mais une occasion de voir plus profondément.
Il n’y a plus de trahison vis-à-vis d’un des aspects de la personnalité ou des corps subtils, ce qui a pour effet de guérir la blessure de trahison. 
En devenant responsable de son monde intérieur, on libère la culpabilité en cessant de juger et par le processus d’acceptation de ce qui est, la blessure d’injustice cicatrise. 
On se détache peu à peu de l’inconscient collectif par la connaissance intime de soi qui permet de reconnaitre et d’assumer ses besoins véritables. 
On se libère du drame, de l’excès et du déséquilibre en revenant au cœur, au point zéro. 
La personnalité n’est plus seule aux commandes, elle apprend à faire avec, que ce soit en s’associant au cœur ou en étant dans l’acceptation de ce qui se manifeste.

En fait, je renais complètement dans ce processus, je découvre une nouvelle personnalité libérée du jugement et c’est surtout par le fait de voir les choses avec les yeux du cœur. C’est cette nouvelle vision qui me donne l’impression d’avoir changé mais en fait je ne fais que retirer les voiles qui occultaient ma véritable personnalité et mon âme.
Tant que je me croyais divisée intérieurement, c’est effectivement ce que je vivais parce que je la nourrissais cette croyance en essayant d’afficher ce que je pensais être la meilleure version de moi-même. Je suivais un modèle constitué par mes croyances sans jamais l’atteindre et c’est cette quête impossible qui m’a amenée à vouloir changer ma vision de moi-même et de la vie. Même si l’énergie du Christ est en moi, je n’ai pas à la craindre ou à l’imiter mais à la vivre, à la laisser rayonner.

Le besoin de contrôle est maintenant assouvi par le fait d’apprendre à gérer ma vie de l’intérieur avec amour. Chaque mécanisme de survie de l’ego étant enclenché par la peur, en l’accueillant, en la vivant pleinement, sans la juger, celui-ci lâche peu à peu le contrôle.
L’objectif n’est plus de se projeter mais d’être ici et maintenant, présente au corps physique, consciente de ce que je vis et suis. Je devrais plutôt dire qu’il n’y a plus vraiment d’objectif mais un désir de pureté, de transparence, de simplicité et tout simplement de vivre, d’être pleinement vivante.  
Je pensais me faciliter la vie en me coupant de mes émotions mais je mettais de la distance entre ma personnalité et mon âme, me privant ainsi de toute possibilité de guérison. C’était comme si j’habitais une maison de trois étages et me limitais à occuper uniquement la chambre et la cuisine. Pas étonnant de se sentir prisonnier et limité. 
En regardant avec les yeux du cœur, je découvre des pièces inexplorées, je ne crains plus d’aller à la cave ou au grenier et à mesure que j’ouvre mon cœur et ma conscience, j’agrandis mon espace vital. Je décroche les tableaux de mon passé, les décorations superflues, les icônes et me contente de nettoyer, de lessiver, d’ouvrir les fenêtres en grand afin de laisser la lumière du soleil pénétrer en profondeur et le vent de l’amour aérer, alléger et renouveler l’atmosphère.

J’apprends à accepter d’être vulnérable puisque j’ai enfin compris que ça n’est pas une faiblesse. C’est une croyance tenace, ancrée profondément dans l’inconscient collectif et individuel puisque c’est le fondement, la base sur laquelle se construisent les stratégies de l’ego. 
Toute croyance bien qu’elle soit aléatoire et changeante est un cadre de référence utile pour se situer puis quand on voit qu’on ne peut pas trop s’y fier, on comprend que ce sont des balises censées nous guider mais trop souvent, on souffre d’en faire une vérité absolue. 
C’est l’attachement aux croyances qui crée un mal-être mais si on les considère comme des repères illusoires mais néanmoins utiles, on n’en est plus esclave ou prisonnier.

Toute forme d’attachement est une souffrance intérieure due à la suridentification au mental. Il est naturel de s’identifier à la personnalité mais quand on découvre le divin en soi, on pense qu’il nous faut sacrifier l’ego. Ils sont si différents dans leur mode de fonctionnement qu’on est comme écartelé et la distance apparente perçue depuis l’ego nous poussera à croire qu’il nous faut choisir entre être spirituel ou charnel. 
Là encore, tant qu’on perçoit les choses avec les yeux du mental seulement, on verra tout de façon séparée et contradictoire. De ce point de vue, le cœur est considéré comme un empêcheur de tourner en rond et on se méfiera de ses élans incontrôlables. L’ego est en sécurité quand il a l’illusion de contrôler les choses. Par l’alchimie mentale et émotionnelle, le cœur et l’ego sont associés dans le processus de guérison, de libération. Ce partenariat marque l’entrée dans le nouveau monde, celui de l'unité.
Le décor ne change pas mais comme la vision devient neutre, les choses sont perçues différemment. On n’étiquette plus systématiquement et on se détache peu à peu de toute croyance.
Réintégrer son corps physique, l’habiter pleinement libère des questions existentielles. On ne vit plus à partir de nos croyances, de notre tête seulement mais depuis notre corps tout entier, et la sensation d’être vivant suffit à savoir que l’on EST. 
Il n’y a donc plus à prouver qu’on existe en confrontant nos idées avec celles des autres, en se comparant ou en se situant vis-à-vis de l’extérieur. 
L’amour vrai de soi qui n’est autre que l’acceptation totale de qui je suis, ici, maintenant, suffit à être. Le sentiment d’illégitimité disparait de lui-même entrainant avec lui la peur du regard extérieur, de la critique, du jugement et du manque.

Les croyances ne sont pas mauvaises non plus, elles nous guident et même quand on sait qu’elles sont éphémères, on peut les utiliser en conscience plutôt que d’en être prisonnier. De toute façon tant qu’on est dans un corps physique pourvu d’une personnalité, les croyances détermineront le quotidien et dirigerons la personnalité. C’est une fonction du cerveau qu’on ne peut éliminer à moins de se donner la mort et même si on libère celles qui sont basées sur la peur, on enlève le blocage énergétique mais la croyance demeure. Et c’est une bonne chose tout comme certains mécanismes inconscients de survie.

Libérer les masques ne veut pas dire qu’on va devenir énergie pure, qu’on va perdre sa personnalité, on allège, on débloque et on guérit afin de manifester notre unicité et l’unité vécue de l’intérieur. Mais c’est avant tout pour son propre bien-être qu’on réalise cette épuration. 
Le désir de transparence est né d’un mal-être, d’une difficulté à se reconnaitre, à s’accepter, à accepter son passé, son présent. La confusion que vit le monde nous renvoie à notre propre difficulté de vivre et de donner du sens à notre vie. Les énergies de la source nous éclairent de façon à ce que nous puissions nous voir entièrement et nous aimer sans conditions.
Elles nous aident à intégrer l’amour vrai de soi, à voir avec les yeux du cœur et à se fier à son intelligence. Cette intelligence ne rejette rien, elle restaure, ajuste, amplifie l’ombre afin qu’elle soit vue, acceptée et ainsi harmonisée. Elle ne pousse pas non plus à atteindre un modèle de perfection, elle nous invite à reconnaitre la lumière en toute chose, le divin en chacun et avant tout en soi-même. Dans ce processus, les croyances sont relativisées, allégées et équilibrées.

J’en suis à ce stade où je vois ce qui me mène mais je ne cherche pas à m’en défaire, juste à prendre un peu de distance. Je laisse faire la vie en moi sachant qu’elle se charge de me montrer par les synchronicités, par le quotidien, ce qui ne fait plus sens pour moi. Ce qui me maintient dans l’illusion, ce qui m’éloigne de ma vérité, de mon centre, ce qui bloque la libre circulation énergétique, ce qui sème le trouble…
Et je me contente d’être un canal ouvert à l’énergie de la vie, qu’elle vienne du cœur de la terre ou du fin fond de l’univers, il m’appartient de laisser ces flux s’embrasser en moi et rayonner l’unité, la danse des extrêmes qui se stabilisent et se complètent. 
C’est loin d’être le calme plat mais comme la vie c’est le mouvement, j’y plonge de bon cœur.
Je me suis allumée un feu ce matin, juste pour le plaisir. Avec les bouffées de chaleur, la température corporelle semble avoir augmenté même si elles arrivent par vagues, on dirait que dans l’ensemble, je suis moins sensible au froid. 
C’est assez perturbant de faire le sevrage en période de préménopause mais en fait, ça m’aide d’une certaine manière puisque la meilleure façon de vivre ses bouffées de chaleur, c’est de revenir au calme de l’instant présent, ça m’oblige à revenir au cœur régulièrement. Du coup, je repère moins facilement les symptômes de manque qui se mélangent à ceux de la préménopause ce qui fait que je focalise moins dessus. 
J’ai interrogée les voisines à ce sujet mais comme leurs expériences sont toutes différentes, ça m’amène une fois de plus à chercher mes propres solutions, à être encore plus attentive aux mouvements internes et surtout à faire confiance à la vie, à ces cycles naturels.

Cette étape dans la vie d’une femme tout comme l’andropause pour l’homme, amène à réfléchir sur les croyances inconscientes, sur l’identification, le sens de sa valeur, de son identité, sur la sexualité et les croyances qui y sont attachées...
Un nouveau terrain à explorer avec la curiosité de l’enfant et la prudence de l’adulte quant aux interprétations. Allez, une nouvelle vague arrive ! Et hop, sous la douche, elle sera diluée…


Vous pouvez diffuser ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de ne rien modifier (sauf correction des fautes d'orthographe), de citer l’auteur : Lydia Féliz, ainsi que la source : http://lydiouze.blogspot.fr  et ces trois lignes. Merci 

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