lundi 14 juillet 2014

"La maîtrise par le lâcher prise"





La période du 14 juillet au quinze août est la préférée des commerçants, des gens qui vivent de l'affluence touristique et de ceux qui ayant travaillé toute l'année, s'accordent enfin un temps de repos, de farniente, de vacances...
Pour moi, elle est difficile à vivre parce qu'elle porte tous les excès qui s'expriment lors de la fête du quatorze juillet. On commémore un événement qui n'a guère changé la donne où une poignée d'individu a voulu s'octroyer des droits équivalents à ceux de la noblesse. 

En bref, c'est une période où l'accusation bat son plein, où on recherche un coupable de son mal-être intérieur, dans les structures de la société, le système...
C'est comme si l'énergie de la révolution revenait secouer tous ceux qui se sentent asservis. Le problème, c'est qu'on perd son pouvoir de faire changer les choses lorsqu'on s'imagine que notre état d'être dépend des circonstances extérieures. 

Tout le monde peut constater que la joie, la paix et l'amour inconditionnel ne dépendent pas vraiment de l'extérieur mais que ce sont des états qui dépendent de notre façon de considérer la vie, de notre foi et des pensées que l'on nourrit dans l'instant.
Une même situation peut être vécue de façon totalement opposée selon notre perspective. Selon notre positionnement intérieur. Soit on est dans l'amour, soit dans la peur. Ce qui est magique, c'est qu'il suffit de revenir au cœur pour voir notre monde changer radicalement.

Il n'est pas facile d'admettre cette vérité et ce raisonnement parait très simpliste pour beaucoup. Pourtant, par expérience, c'est le constat que je fais. 
Toute émotion désagréable trouve son origine dans une peur. 
Que celle-ci soit perçue comme telle ou qu'elle apparaisse comme un vide, une tristesse, l'ennui, le doute, finalement, elle est l'expression d'une peur. Celle de la mort, du néant, de l'inconnu, de la souffrance...

Ma quête d'auto-guérison m'a amenée à simplifier au maximum les choses afin de ne pas être enfermée dans le mental. Très souvent, c'est lorsque je cesse de m'interroger et que je me connecte à mon corps physique, à la terre, que quelque chose se débloque à l'intérieur amenant la paix et la confiance.

Vouloir goûter la liberté d'être, d'avoir et de faire, demande un total lâcher prise. 
Même si je suis encore à me demander où me mènera cette attitude d'acceptation de ce qui est et surtout de ce qui en moi est encore perçu comme quelque chose d'incorrect.

Cette tendance à juger, à se critiquer ne fait qu'amplifier le mal-être et n'apporte aucune amélioration réelle. Peut-être le sentiment de contrôler les choses au début mais très vite, on se rend compte que ça reste une lutte qui nourrit la division intérieure et le mal-être.

Le temps qui est à la pluie depuis début juillet, me va tout à fait. Même si c'est un peu tristouille et si les légumes du jardin risquent des maladies à cause de l'humidité, j'apprécie ces moments où le corps physique ne subit pas les fortes chaleurs estivales. Puis comme la pluie, l'eau a une fonction purificatrice, je me dis que la terre mère se nettoie et que c'est l'occasion d'en faire autant.

Tout ce qui me pèse, toutes les questions auxquelles seul l'avenir peut répondre, sont offertes à cette pluie quotidienne. Loin de tomber dans le rôle de la victime ou de se lamenter sur son sort, c'est l'occasion de lâcher les poids du passé afin de créer sur de nouvelles bases. 
Les cycles ou événements naturels ramènent à l’humilité et bien que nous soyons créateurs de notre vie, les éléments incontrôlables nous poussent à lâcher prise ; l’idéal serait de considérer nos émotions comme le temps. 

Les nuages cachent le soleil mais ça n’est pas parce qu’il est momentanément « absent » qu’il a disparu. Pour notre soleil intérieur, c’est la même chose, les émotions n’ont pas le pouvoir de l’éliminer et son action sera de montrer ce qui est caché. 
Or ce que nous nous cachons à nous-mêmes ne sont autres que nos peurs. 
Les accepter comme des choses naturelles, faisant partie de l’état d’humain permet de se détendre, de lâcher le besoin de contrôle. 

La tempête à l’image de la colère, finit toujours par passer puis comme dans le ciel, elle apporte un calme intérieur une fois envolée. Le contraste est partie intégrante de cette dimension et lorsqu’on cesse de juger, de se dire que ce qui est ne devrait pas être, on peut alors voir les bienfaits d’une crise, mesurer la progression, l’ouverture de cœur et d conscience que la situation a créé.

Bien que le fait de libérer les vieux schémas de pensées basées sur le manque, le besoin, la peur, soit libérateur, il y a un moment de vide entre l'abandon du passé et l'avenir qui devient totalement inconnu, incontrôlable.

Les moments où la sensation d'être largué est forte, vont croissant jusqu'à ce qu'on décide de cesser de s'interroger sur l'avenir.
Il est plus judicieux d'apprendre à se familiariser avec le changement, de l'accepter plutôt que de vouloir anticiper. 
Puis, en apprenant à guérir le corps mental et le corps émotionnel, en sachant accueillir les émotions et en changeant ses pensées, on expérimente la création consciente.

Je sais que je créé selon mes pensées assorties d'émotions, mais je ne cherche pas à visualiser ou encore à projeter, je me contente d'apprendre à rester dans le cœur, à nourrir la paix intérieure.

C'est vrai que pour le moment, j'évite d'être confrontée aux énergies des autres puisque j'ai encore du mal à ne pas me laisser envahir par les émotions, à discerner ce qui m'appartient et ce qui est extérieur. 
Même si je sais que j'attire ce qui correspond à mon état d'esprit, j'ai toujours le choix de me laisser happer ou de laisser être ce qui est, dans l'instant, en sachant que ce sont des énergies qui sont en mouvement et que je peux les laisser passer sans m'y attarder ou en être affectée.

J'ai encore eu à traiter la peur mais de façon beaucoup moins intense puis la colère, la tristesse, le vide. Par moments, le découragement m'a plongée dans la tristesse mais la foi en l'amour et la lumière m'a montré que c'est aussi dans le fait de s'exercer à lâcher prise que l'on se renforce, qu'on acquiert une certaine forme de maîtrise.   

La maitrise finalement, c’est simplement de ne pas se laisser impressionner par la vie, les émotions, les énergies, de pouvoir les regarder en face sans chercher à les changer. 
D’elles mêmes, parce que l’énergie est vivante, mouvante, elles se dissipent, se transforment, évoluent et si on n’est pas dans l’attente, c'est-à-dire, si on ne fait pas de supposition quant à savoir ce qui devrait être, non seulement on n’est pas affecté mais en plus on peut avoir de belles surprises. 

Ce qui est troublant, c'est d'avoir la sensation que tout est vain et cet état d'esprit m'amène encore plus à goûter l'instant, à essayer d'être au-delà du faire.
Nous expérimentons la devise "liberté, égalité, fraternité" au sein du couple, ce qui en soi représente un challenge, une nouvelle façon d'aborder la vie à deux. 
Nous avons regardé Forest Gump hier soir et ce film m'a permis de faire le point sur le passé, de constater que l'enfant intérieur réagissait encore aux vécus douloureux. 




Plutôt que de nier cette tristesse suscitée par les scènes qui abordent le problème de l'inceste, j'ai imaginé prendre l'enfant que j'étais, dans les bras et lui transmettre la force et le sentiment de sécurité qui lui on tant manqué. 
Déjà, ça me permet de ne pas ressasser et ainsi de créer des ponts entre le passé et le présent. 
Tout événement passé douloureux peut être actualisé et changé au niveau énergétique. 
On ne change pas les faits mais sa façon de les considérer et même de les revivre. 
Le souvenir n’est plus chargé d’émotions douloureuses mais devient peu à peu de plus en plus neutre, il ne suscite plus de réactions intérieures ingérables.

Pour la dépendance, j'essaie de la libérer du poids de la culpabilité, de la critique intérieure, des phrases dévalorisantes, de la peur que les choses empirent...

S'autoriser à vivre des expériences qualifiées de "mauvaises" par le critique intérieur, simplement pour aller au bout du processus, pour en faire le tour, semble être une voie de délivrance qui ne mène pas forcément à l'excès. 
Même si le fait de vouloir le vivre sans jugement et sans limite, a amené une augmentation des doses, ça n'a pas duré. 
Le but maintenant est de considérer cette addiction comme quelque chose de banal non pas comme une fatalité mais juste une conséquence de mon besoin de protection, de la peur d'être totalement libre. 

Plutôt que de me critiquer pour cette faiblesse, j'apprends à l’accepter, à guérir l'enfant intérieur, déjà à l'écouter et juste à le consoler, le rassurer. La faiblesse n’a pas autant d’impact négatif quand on connait sa force, son pouvoir.

Puis, les croyances qui nourrissent le besoin sont aussi à revisiter, l'interprétation à revoir. Le sentiment de vide, l'ennui, ne sont-ils pas des expressions de l'illimité ? Le paradoxe entre nos aspects humains régis par des lois terrestres telles que la gravitation, remplis de limitations, de restrictions et l'immensité de l'être divin intérieur est bien ce qu'il nous faut intégrer. Ils ne s'opposent pas mais se cherchent et se trouvent. 

Là encore, question de point de vue, de perspective mais avec la foi en l'humain divin, et surtout l'abandon de la dualité, de la notion de bien et de mal,  l'actualisation ouvre la conscience sur autre chose. Le sens des notions de liberté, d'expansion est tout autre. 

La liberté dans la troisième dimension est toujours relative et c'est lorsqu'on a plus aucune contrainte, enfin celles imposées par la société qu'on s'aperçoit qu'on ne sait pas vivre libre réellement.  Même quand on est sorti de l'obligation, on se créé des limites, des interdits. 

J'en suis à lâcher tout ça avec une certaine crainte, celle du lendemain apparait encore mais en revenant à l’essentiel ; « je suis ce que je suis », « tout est bien », la confiance revient.   

J'ai la nette impression que les moments où je décollais mentalement quand j'étais enfant, pour ne pas sentir ce que je vivais alors, m'amenaient à ces rencontres d'aujourd'hui, ces moments où je console l'enfant. 
Je me demandais où j'allais quand je fixais mon attention sur les roses du papier peint afin de quitter mon corps et il semble que la réponse soit celle-ci. 
C'est comme si le présent rejoignait ce passé afin de le guérir, de le réactualiser sur la fréquence de l'amour inconditionnel.

Nous avons enfin joué de l'accordéon ensemble. Bien que nos instruments soient différents, nous avons pris plaisir à nous rejoindre au travers de la musique. 
C’est une forme d'expression qui me tient à cœur puisqu'elle est vibration pure. 

Même si l'ego est actif, il ne se met pas en avant, il s'associe aux  gestes et la sensation d'être entier, unifié, intègre et même unique, est vécue de façon naturelle, sans contrainte, sans forcer. 

Chaque corps a sa place et joue son rôle dans l'harmonisation. 
C'est une façon de s'unir à l'autre sans utiliser les mots qui sont souvent très réducteurs. Un genre de langage commun se met en place et la sensation d'être interconnectés est amplifiée.

Tout ce qui est créatif permet de s'épanouir mais aussi d'ouvrir son cœur et sa conscience. Même si nous créons en permanence par la pensée et les émotions, utiliser ce pouvoir au travers de la musique, par le corps physique donne une sensation agréable de complétude et de joie indicible.  




Finalement, le parcours d’un humain est toujours le même, la recherche de satisfaction, la paix en dedans, l’harmonie avec toute vie. 
Ce qui créé de la souffrance, c’est d’ignorer que tout est en soi que nous ne sommes pas seuls et abandonnés mais que nous sommes toujours uni à nos aspects divins. 
Qu’on en soit conscient ou pas, qu’on le ressente ou non, l’âme, la présence divine sont des aspects omniprésents de l’humain. 

Apprendre à les reconnaitre, leur parler comme s’ils étaient des amis éternels puisque c’est ce qu’ils sont en vérité et le ressentir en soi, procure une grande joie tout en amplifiant la foi. 


Vous pouvez diffuser ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de ne rien modifier (sauf correction des fautes d'orthographe), de citer l’auteur : Lydia Féliz, ainsi que la source : http://lydiouze.blogspot.fr  et ces trois lignes. Merci 

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