dimanche 23 juillet 2017

« Lâcher le besoin de perfection… »





21 07 La journée d’hier a été longue et ennuyeuse. Je suis allée m’allonger l’après midi dans le silence et le soir, j’ai écouté la voix de l’enfant en moi. Cet enfant qui se demande ce qu’il fout là, qui ne comprend pas l’humain, sa folie. Évidemment, ça me renvoie à ma propre ingérence, au fait de fumer, mais là encore au lieu de ruminer cela, j’ai offert ces confidences sincères à la source. 
Il n’y avait pas de souffrance mais plutôt de la lassitude et toujours cette question qu’est-ce que je fais là ? Je dis cela parce qu’à bien des niveaux, je ne trouve pas de résonance ou de sujet d’intérêt commun  avec mes semblables. Depuis l’enfance, je me sens décalée, leurs jeux de pouvoir ne m’amusent pas, et ceux de la séduction non plus. Même si je ne souffre plus autant qu’avant des injustices, maintenant c’est la bêtise qui m’affecte le plus. 

Je me dis que ça vient de moi, de mon vécu traumatisant, du fait de n’avoir rien fait de spécial dans ma vie, de ne pas avoir eu d’enfant non plus mais en fait, je reviens toujours à ce constat ; je m’ennuie avec les gens. 
Cela peut sembler très prétentieux et ça me renvoie aussi nécessairement au mépris que j’ai encore pour les aspects humains internes, pour les pulsions incontrôlées. 
Le besoin d’être parfait pour échapper à la masse grouillante et abêtie, avide et égoïste, qui ne sait dire que « moi », « moi », « moi ». 
Là encore ça peut sembler paradoxal de dire cela pour quelqu'un qui témoigne d'un parcours de façon si intime mais il s'agit ici de reconnaitre le moi conditionné et de s'identifier au vrai moi, de retrouver et d'incarner sa vraie nature.


Tout cela fait écho à mon enfance où je subissais à la fois la folie impulsive de mon père et la froideur calculée de ma mère. Et le problème vient de là. L’enfant en moi a imaginé que tous les humains étaient comme mes parents (association d'idée que fait tout enfant). Et bien évidemment comme on retrouve ces tendances chez chacun, à divers degrés, la conscience d’adulte a validé cette croyance initiale en détectant d'abord les masques, les défauts des autres, par méfiance, par habitude et par instinct de survie. Puis en constatant les nombreuses injustices dans le monde.

Un immense paradoxe est né entre l’attraction et le rejet, l’envie irrésistible d’aller vers les autres, enfin vers un éventuel amoureux, un possible sauveur et le dégoût pour la majorité. Quand on démarre dans la vie avec une si mauvaise image de l’humain, des comportements impulsifs et donc une méfiance instinctive vis-à-vis des désirs, des émotions, il est naturel de vouloir s’isoler et se couper du ressenti. Puis la seule chose qui puisse nous changer la vision, c’est l’amour qui se dévoile à nos yeux de façon flagrante, sublime et intense. Ce genre d’amour ne peut être que divin, pur, intérieur, spirituel. 
Et au niveau sensoriel, humain, seules les drogues peuvent amener cet état d’euphorie qui ne fait pas intervenir une autre personne où le danger vis-à-vis des produits et considéré comme moindre face au risque de manipulation humaine. 

L’adulte comprend maintenant qu’il n’y a pas à craindre les émotions, le ressenti et dans l’écoute des voix internes, constate toute la violence intérieure, la colère encore refoulée, envers mes parents, contre moi-même, contre les stratégies, ce masque de rigidité censé afficher la perfection. Cette colère n'a plus de raison d'être pour l'adulte mais ayant été refoulée durant l'enfance, elle continue d'agir et de conditionner mon comportement d'adulte.
Finalement, j’ai reproduit le comportement de ma mère qui contrôle ses émotions, ses sentiments et cela me fait horreur parce que je suis aussi dans la manipulation, le mensonge, la feinte. Cela vient heurter le besoin de perfection qui du coup est totalement mis à mal, démoli. Mais à l’adolescence et dans ma jeunesse, alors que je cherchais à comprendre pourquoi mes parents étaient comme ça, j’ai compris ce qui les avaient amené à adopter ces masques et comportements. J’ai pardonné cela parce que je les ai replacés dans leur contexte, dans leur enfance et les circonstances d’alors. 
J’ai bien vu qu’ils se défendaient, qu’ils luttaient contre leur souffrance. 




Ce pardon m’a soulagée parce que ça m’a permis de ne plus nourrir de colère mais elle demeurait présente et elle s’est alors orientée sur moi-même, moi qui ne voulait surtout pas reproduire mais qui a été incapable d’agir autrement qu’en adoptant un masque. 

Alors maintenant il me faut juste reconnaitre cela, entendre ces voix sans les juger, lâcher l’auto critique par la compréhension, l'acceptation. Et même si je peux changer ma vision, les mécanismes qui ont été enclenchés peuvent être abandonnés seulement en cessant de lutter contre eux mais juste en reconnaissant qu’ils étaient justifiés à l’époque et que maintenant ils ne le sont plus. C’est toute la colère envers moi-même, cette implacable condamnation que j’ai décrété pour n’avoir pas été capable de mieux faire, qu’il me faut lâcher. En cessant de lutter contre ce qui en moi ne répond pas au besoin de perfection. 

C’est le côté pervers de la compréhension intellectuelle qui amène à ce besoin de perfection, ou au moins de mieux faire que les générations qui nous ont précédés.
La différence entre maintenant et le passé, c’est qu’avant, je m’en voulais vraiment, je portais le poids de la culpabilité et de la condamnation. 
Maintenant, quand je m’autorise à être laxiste, à oser exprimer de la colère, de la tristesse, à me foutre de tout, du regard extérieur, de mes propres critiques et à lâcher la notion de devoir, d’obligation, je lâche le rôle, les rôles de victime de bourreau et de sauveur, le masque de la rigidité tombe. 

De la même façon quand je ne lutte pas contre le système de survie qui bloque les émotions, je m’autorise juste à les ressentir, à leur donner le temps de se manifester, sans pression, sans attentes, sans besoin d’arriver ou pire de gagner, je suis sur la voie de la libération, donc de la guérison définitive.

Le divin a tellement été associé à l’idée de perfection, d’élévation, d’évolution, qu’on continue de se critiquer, de se juger, de se condamner alors qu’objectivement, la création est complète, composée autant de ‘bien’ que de ‘mal’. La vie est perfection dans sa profusion, sa diversité et l’amour dans son absence de jugement, de contrainte, d’obligation, dans sa liberté totale.

Le juste milieu ne s’atteint pas par des calculs, du contrôle, des obligations, mais dans l’abandon de toute forme de jugement, dans l’acceptation de tout ce qui est, dans l’instant, dans l’environnement, en nous-même.

Maintenant, le bilan positif de cette enfance particulière, c’est qu’elle m’a permis de démasquer le mensonge, et de reconnaitre/ressentir la vérité, de chercher à comprendre et de connaitre l'humain en profondeur, en long, en large et en travers. De reconnaitre la perfection qui anime et organise la vie.
Puis de comprendre comment les corps, comment le cœur, cherchent et maintiennent l’harmonie en permanence. 
Au moment où j’avais atteint la limite des profondeurs, des ténèbres, l’amour et la lumière se sont manifestés avec autant d’intensité que l’était ma souffrance. 

Cela s’est fait de façon quasiment mathématique. On peut en déduire qu’il n’y a rien à faire, pas à lutter pour avoir une expérience dite d’éveil ni à combattre pour trouver l’équilibre. 
Nous sommes faits de telle façon que l’harmonie et l’équilibre sont permanents en nous. 




La seule chose à faire, c’est de faire confiance à nos corps, à la source et donc en conséquence à se faire confiance. En cessant de lutter contre soi, en étant dans l’ouverture, l’écoute, l’accueil, l’acceptation de ce qui se manifeste dans l’instant.

J’ai été guidée vers un soin énergétique gratuit mais ça m’a vite gavée à cause des termes religieux employés. Du coup, j’ai préféré aller me coucher tôt et juste observer, écouter, tout ce qui se manifestait en moi. 
Parce que finalement cet élan à aller vers l’extérieur, c’est un appel à la communion intérieure. 
Dans ces moments là, au lieu de s’écouter, d’être ouvert, on donne son pouvoir aux autres, on démissionne. Et ce matin, j’ai la sensation d’être plus en paix, plus légère, plus forte et en même temps plus libre, détachée.

Je ne reproche pas aux gens de parler de spiritualité, de guides et de maitres ascensionnés mais bien que je sois convaincue de la multidimensionnalité de l’être, des vibrations "élevées", des êtres de même fréquence, qui existent et entourent le terre, qui sont aussi en nous-mêmes, dès que cela est exprimé dans la bouche d’un humain, ça devient vulgaire, comme profané, déséquilibré. Ou rabaissé au niveau du mental qui divise tout en bien et mal, qui calcule, projette, veut gagner, perçoit les êtres en inférieurs et supérieurs, veut recevoir des privilèges…

A mon sens l’énergie se perçoit dans le silence et l’intimité, entre soi et soi, sans aucune étiquette, dans l’ouverture, la reconnaissance d’une vibration qui s’exprime au-delà de la dualité, de tout concept humain. L’idée même de vouloir s’approprier l’énergie est un non sens, encore moins l’amour. 
Par nature, l’énergie est libre autonome, libre de se mouvoir, de s’expanser, de rayonner sans compter, sans cibler. On peut juste l’observer, la ressentir, la laisser agir, voir son mouvement et essayer de l’accompagner ou du moins de ne plus y résister. 
Ouvrir sa conscience au point de percevoir ce qui la compose, au-delà de nos propres limites humaines. 

Et pour cela, il n’y a rien à faire mais juste à être ouvert, au-delà des concepts humains, à être transparent, vrai et libre tout comme elle. 
Et tout comme on se protège des rayons du soleil quand ils sont trop puissants, laisser les systèmes internes de survie nous cacher la lumière est salvateur. 

Là encore vouloir s’opposer à ces fermetures systématiques alors même qu’on cherche la lumière, c’est encore nourrir la lutte, le rejet et la division. 
La lumière montre ce qui est en vérité et il faut être prêt à l’accepter. Prêt à reconnaitre que ce que l’on vit est la conséquence de notre fréquence, des pensées et des émotions que nous refusons de voir, de sentir. Faire confiance au cœur dans sa capacité à réguler la lumière et laisser l’amour sans conditions se répandre en soi. 
Ce qui implique de reconnaitre et d’accepter ce qui émane de soi, ce qui nous traverse, ce qui vient des profondeurs, ce qui demande à être juste embrassé, accueilli sans réserve et sans attachement. 
Même si on sait que les égrégores nous environnent et peuvent influencer notre état d’être, vouloir s’en protéger en invoquant l’aide des anges, c’est encore rejeter ce qui est. 
Si nous n’étions pas avertis de ce qui en nous est en souffrance ou refoulé, nous ne pourrions pas libérer les blocages. 




Quand quelque chose nous dérange, ça nous renvoie systématiquement à l’intérieur, en position d’ouverture et d’attention. Le seul fait de revenir en soi nous préserve de l’influence des égrégores parce qu’alors, on canalise notre énergie et dans la communion avec la source, l’harmonie revient dans la paix du cœur, dans le fait de ne pas réagir. Ou de ne pas rejeter la réaction.

L’humain est tellement dominé par la peur qu’il la nie d’une part et qu’il veut s’approprier jusqu’à la vie même. Mais nous sommes La vie, nous sommes traversés par elle en permanence et plus on tente de la saisir, plus elle nous échappe. 
Je ne sais pas comment évoluera le monde, ce qui compte c’est de retrouver la fluidité de l’énergie, l’innocence et le désir d’être tout simplement. Retrouver la présence, l’attention focalisée vers l’intérieur, le silence et la paix au-delà des voix multiples. 
Une fois qu’on se pose dans ce désir de paix, de lâcher prise, plus rien n’a d’importance. Même le manque de désir n’importe pas, seul compte cette sensation de paix, de confiance. 

Le manque d’enthousiasme est normal lorsqu’on choisit de lâcher prise, de se détacher des pensées émotions et de lâcher les attentes. C’est tout à fait naturel de perdre le sens de notre présence sur terre lorsqu’on se détache des masques, des rôles prédéfinis. Tout comme la perte de motivation ou d’enthousiasme lorsqu’on se détache de l’illusion des besoins superficiels. Normal ou logique de se sentir perdu lorsque les anciennes croyances n’ont plus de sens. Normal aussi de se sentir stupide lorsqu’on observe les stratégies employées qui sont les mêmes que celles qu’on a adoptées à l’âge de dix ans ou même avant. Normal de ressentir de la haine, du mépris, de la tristesse, face au comportement instinctif, animal, mais toutes ces pensées sont relatives à la personne. 

Cela ne veut pas dire qu’il faille les renier ou s’y identifier mais juste de savoir ce qu’on veut vibrer maintenant. Et puis concernant les pensées du genre, « quand est-ce que ça va finir ?», cela est aussi à reconnaitre et lâcher puisque le besoin de perfection qui entraine frustration et culpabilité se nourrit de l’espoir en un futur meilleur. Bousculé entre le passé et l’éventualité d’un futur meilleur, on est à côté de la réalité, de l’être, du présent.

Et bien, il aura fallu trois jours pour que je puisse aller au cœur de l’émotion refoulée et pour que les larmes de guérison coulent enfin. 
Le premier jour, confusion, stress et blocage émotionnel du mental, des systèmes internes de survie, de fuite à travers l’écriture compulsive et spontanée. 
C’est une première étape qui prépare le mental à se détendre, à prendre confiance en structurant la pensée, en l’ajustant à la vision actuelle. 
L’émotion est encore inaccessible mais en ne retombant pas dans l’auto critique, l’accusation envers le mental et l’inconscient qui font juste leur job, ou qui réagisse instinctivement, déjà, la confiance s’installe. 

Durant ces trois jours, le fait de ne réprimer aucune émotion du présent, de simplement observer les pensées a amené peu à peu la détente malgré les sensations plutôt désagréables. Mais comme je n’ai pas culpabilisé d’exprimer le dégoût, le malaise face à ces sensations physiques, comme j’ai laissé le mental libre de s’exprimer, la voix de l’enfant s’est finalement fait entendre. Je n’ai pas réprimé comme je le faisais avant, des pensées négatives vis-à-vis de mes parents mais je ne me suis pas attaché à leur sens, je n’ai pas accusé le passé et leurs comportements de mon état actuel. 

On n’oublie pas un traumatisme ou une enfance difficile, on apprend à s'en détacher, à en percevoir la lumière, la sagesse qui en a découlé et cela devient une force parce qu’on est allé au cœur de soi, au cœur des blessures, en passant à travers les systèmes archaïques. 
On se détache peu à peu de la vision et des sensations du passé dans l’accueil de tout ce qui en émerge. 

C’est clair qu’on ne vient pas à bout de ces mécanismes instinctifs de fermeture, de rejet, en cherchant l’amour à l’extérieur, en se faisant croire que maintenant que nous sommes adultes et "éveillés", tout cela fait partie du passé. 
De même que l’enfant en soi ne se livre pas si facilement, seule la patience, l’écoute, l’attention bienveillante, la prise en considération de ses croyances, permettent la libération de celles-ci et la cicatrisation des blessures. 
L’énergie se trouve bloquée à tous les niveaux et on apprend patiemment à libérer le mental, puis l’inconscient, en adoptant une position d’ouverture et d’accueil sans conditions. 




Les larmes qui coulent lorsque l’enfant se confie, sont un baume de guérison. Je les sentais couler sur mes joues et c’était comme si leur fraicheur touchait chaque cellule de la peau. J’ai senti un nettoyage en profondeur se réaliser et même si j’ai eu du mal à m’endormir parce que j’étais remplie d’énergie et de pensées dont il était impossible d’arrêter le flot incessant et répétitif, la sensation de bien-être, de communion et la confiance le surpassait. 
J’ai aussi parlé à mon corps physique parce que c’est vrai que je culpabilise de le maltraiter avec le tabac. Mais dans la confidence sincère, j’ai senti une détente générale et la douleur que je sentais au niveau du cœur s’est effacée peu à peu lors de ces confidences. 

Je remarque que ce qui soulage, c’est le fait d’être vrai, d’oser parler en toute sincérité, c’est cela qui constitue l’acte de communion qui va bien au-delà des mots.

Ce matin, je suis allée directement au jardin, sans avoir besoin de cogiter, juste porté par l’enthousiasme. Je me suis plongée dans l’action avec légèreté et détermination. 
Je me félicite de constater que même si les doses de médicament sont les mêmes, la façon de les prendre change de plus en plus et les répercussions sont évidentes.   
Le geste est là mais il n’est plus le premier recours, le réflexe automatique. J’agis sans m’appuyer sur l’effet de ces médicaments, sans même y penser parfois. 

C’est là que la libération se situe, lorsque le changement est facile, naturel, lorsque ça se fait tout seul. C’est le signe que l’inconscient est en cours de profonde mise à jour. 

J’ai longuement parlé à mes corps de cette addiction, sans retenir aucune pensée quelle qu’elle soit, de la peur à la honte, de la culpabilité au désir de mieux faire. Aucune censure, aucun jugement. Il en résulte une sensation d’expansion, de liberté. 

Les prochaines vagues de stress seront plus faciles à aborder et je saurais mieux reconnaitre lorsqu’une émotion est bloquée parce que le mental tournera en boucle. Comme il sait qu’il peut lâcher prise en confiance, les stratégies seront plus vite reconnues et le face à face avec l‘émotion refoulée plus facile, rapide. Cela évite d’avoir à passer par la douleur puisque le corps n’a pas le temps de somatiser.

Ce processus de libération peut sembler bien long mais c’est le chemin en lui-même qui est épanouissant parce qu’on y apprend l’essentiel, on se connait vraiment et profondément, on peut alors se voir en toute transparence et avec une certaine fierté. La fierté d’aller au-delà de la peur, des croyances, des concepts, d’embrasser tout ce que nous sommes et de sentir l’amour qui se déploie à l’intérieur, à l’infini.  

Si vous souhaitez partager ce texte, merci d’en respecter l’intégralité, l’auteure et la source ; Lydia, du blog : « Journal de bord d’un humain divin comme tout le monde » ou http://lydiouze.blogspot.fr

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