samedi 17 janvier 2015

« L’autre, ce vilain miroir… »






L’adolescence est une période difficile puisque celle-ci nous amène à devoir trancher, à choisir notre voie, notre camp, la façon dont nous voulons vivre. Alors même que nous nous trouvons en période de crise existentielle, par notre corps qui change, qui exprime notre genre, par les montées de l’énergie sexuelle jusqu’alors inconnue, nous devons définir ce que nous voulons être. C’est un immense paradoxe qui nous éloigne de notre vraie nature, de notre véritable identité et après avoir agit pour faire plaisir aux parents, nous allons devoir chercher les modèles auxquels nous identifier pour fabriquer un personnage; notre personnalité sociale.  
A peine conscient de nous-mêmes et à un moment où tout est bouleversé en soi, la société nous oblige à trahir l’être divin, l’âme, alors que nous n’en avons que quelques sensations, juste pour être intégré, accepté et validé. Tout ce qui en nous est le plus fort, violent et caché, nous amènera à nous identifier très souvent à l’opposé de cela. On essayera de se définir selon les principes d’attraction, de répulsion et d’identification qui nous formatent, nous modèlent et en même temps, nous coupe de notre être véritable.
L’identification, l’attraction ou la répulsion, sont des stratégies de l’ego qui n’est pas notre véritable identité mais un composé de sous facettes, d'énergies sélectionnées, choisies selon des critères bien/mal. La personnalité est l’interprétation de l’ego, de la notion d’individualité. Le mot en lui-même est significatif : individu, dualité. 
Le UN divisé en deux pôles.


Mais le UN ne peut être divisé, seule la personnalité le croit parce qu’elle le vit de l’intérieur tant que l’identification se limite à l'ego. La sensation de n’être qu’une moitié poussera l’individu à chercher son alter ego, dans le sexe opposé ou encore dans un individu du même genre.
L’ego est cet aspect intérieur qui veut connaitre, qui veut s’extérioriser, exercer sa volonté et s’unir mathématiquement aux autres. Mathématiquement dans le sens où il se considère comme une moitié et en toute logique, une moitié plus une moitié égal un couple. Un couple qui doit tenir dans la durée au risque de se retrouver à nouveau seul et en manque. Tout un tas de stratégies se mettent alors en place pour ne pas briser la cellule, le foyer et donc la personnalité. Il perçoit les énergies de la source et interprète au travers de la notion de dualité, de séparation et de division. Le désir puissant de fusion est l’interprétation egotique, de l’énergie d’amour, du cœur, de l’âme. 

Pourtant, notre cerveau se compose de deux hémisphères et d’un cerveau reptilien. 
Nous avons la capacité de résonner, de raisonner et disposons de l’instinct de survie qui fonctionne en mode automatique et s’enclenche dès que la conscience est absente, perchée, déconnectée de la réalité.

Nous portons en nous plusieurs dimensions ou règnes, celui de l’animal, du corps physique relié à la terre, aux éléments, celui de la conscience relié au soleil, aux sphères lumineuses, celui de l’inconscience relié à la lune et ses mystères à l'image de sa face cachée. Au départ, ses dimensions sont reliées inconsciemment puis à mesure que la personnalité se forge par attraction et répulsion, elle va invalider, éliminer ce qu’elle ne comprend pas. Elle va exercer sa volonté et vouloir contrôler ce qui lui échappe. Pour ce faire, elle range tout dans l’ombre de l’inconscient. Tout ce matériel va continuer de grandir, de se manifester afin d’être vu, aimé et réintégré.

La conscience amène l’individu à rechercher l’unité qui se traduit par des mouvements vers l’extérieur, des jugements, des prises de position, des argumentations, des accusations et des condamnations. Et comme l’extérieur est un miroir de l’inconscient qui recèle tous les aspects que la personnalité veut cacher parce qu’elle estime qu’ils sont inappropriés, inutiles voire dangereux, la division interne entrainant le mal-être, va amplifier considérablement et se nourrir de la peur. 
Les énergies qui au départ était de simples énergies vont alors former des entités multiples à force d’être nourries dans l’ombre. La personnalité aura alors l’impression d’être possédée, étrangère à elle-même et ces 'formes' pourront s’exprimer violemment lorsqu’elles auront atteint une certaine masse énergétique. Il suffira de peu pour que la personnalité s’enflamme.
On ne peut lutter contre soi-même sans se perdre et la confusion va augmenter laissant la personne divisée, amputée de parts essentielles à sa complétude, son entièreté, son intégrité et sa réalisation. 

La violence dont l’ego fait preuve en évinçant des pans entiers de l’être, la façon de faire taire les émotions, de nier l’enfant intérieur, se trouve projetée dans des êtres qui catalysent les énergies semblables. Ils vont se manifester dans la réalité en terroristes, en manipulateurs, en dictateurs, en toutes formes d’injustices.   

Le fait de s’accrocher et de s’identifier uniquement à la lumière en soi, est une forme de terrorisme pour les aspects intérieurs vulnérables, innocents, pour ces souffrances ignorées, occultées, ces incompréhensions que l’ego range dans la case « mauvais ». 
C’est une façon de nier sa multidimensionnalité, son êtreté est un message envoyé au divin en soi qui pourrait se traduire par : « Je sais mieux que toi ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, ta création est imparfaite ». C’est un déni du divin en soi et en chacun, un rejet de la vie même. Plutôt que de laisser le divin, l’amour en soi, agir, nous préférons contrôler les choses.
On a besoin de voir pour croire mais au lieu de regarder en soi, on projette nos croyances. On veut façonner le monde selon nos convictions basées sur la peur et la division et nous y arrivons très bien ! Le spectacle de ce début d’année nous le montre. Cet évènement amène chacun dans ses profondeurs, face à lui-même, à ses propres ombres et plus on voudra les occulter, plus on va nier le divin, le cœur, la conscience et notre capacité à voir au-delà des apparences.

Le but de l’incarnation n’est pas de choisir l’ombre ou la lumière mais de les réunir, d’éclairer l’ombre depuis le cœur et de le laisser harmoniser l’ensemble. 
Laisser l’ego gérer sa vie, revient à rejeter le divin en soi et à vivre dans l’inconscience, l’automatisme. 
Les avancées scientifiques sont la manifestation de ce besoin de contrôler, de surpasser la source, de devenir dieu par l’intellect, le raisonnement mental. La création de robots/humains, de bébés éprouvettes, de clonage humain, d’intelligence artificielle est une imposture, un déni de la vie, de la nature de sa vraie nature, une insulte à la création tout comme les OGM.

Accepter ce qui est, c’est reconnaitre le divin intérieur, la puissance de l’amour sans conditions et leur donner l’autorisation de nous guider. Ce qui demande un genre de sacrifice, dans la tombée des masques, des croyances basées sur la peur et la notion de séparation. D’un côté, on accuse l’ombre de nous manipuler et de l’autre, on la nourrit en permanence en occultant des aspects de soi, en refoulant les émotions, en essayant de réfréner nos instincts primaires.
Il est évident que ce comportement paradoxal amplifie la notion de conflit interne, de lutte, de parti pris, la sensation d’être incomplet, dispersé, brisé de l’intérieur. 
Tant qu’on n’a pas le courage de se regarder en face, on va continuer de co-créer des situations qui nous montreront ce qu’on ne veut pas voir. 
Jusqu’à ce que l’on comprenne notre puissance intérieure, notre capacité à co-créer même si c’est par défaut, c’est  dire sans en être conscient, sans le vouloir.
La récurrence des situations douloureuses dans notre vie nous amènera à voir que le problème vient de nous, de l’intérieur. Et oui, quand les mêmes scenarii se répètent alors que les acteurs et le décor changent, il y a « matière à réflexion ». Soit on va continuer de nier notre participation active au drame, en accusant les autres, soit on va remettre en question notre façon de faire, d’être.

En tant qu’individu, nous sommes l’exacte réplique de tout ce qui existe, un microcosme complet dans le grand tout. Un générateur et diffuseur d’énergies multiples dont le cœur est le moteur et le directeur. Ce centre nous relie aux mondes extérieurs, aux autres, à toute vie. En ce lieu, il n’y a pas de division, de comparaison, de bien ou de mal, il y a un mouvement incessant d’énergies qui s’équilibrent, s’harmonisent et rayonnent vers l’extérieur.
On perçoit la mort comme la fin de la vie alors qu’elle en est le terreau. Les cellules qui se régénèrent par le cycle de mort et de renaissance, nous montrent que la mort est une étape nécessaire à la vie, à sa manifestation dans la matière.
La nature nous montre combien les cycles sont importants et nécessaires.

Quand on cesse de s’identifier à un ou l’autre des aspects qui nous constituent, on élargit sa conscience et on constate que notre interprétation de la réalité est faussée par la peur et le besoin de contrôle. Puis en libérant la peur par l’accueil de ses ombres, on voit qu’elles ne sont pas dangereuses. Depuis le cœur, tout apparait comme complémentaire, utile à l’épanouissement de la vie, nécessaire à sa manifestation.

La peur de la mort nous maintient dans l’attachement à la personnalité. Celle là même qui trie et sélectionne puis condamne ce qu’elle juge mauvais. En toute logique selon sa façon de voir et d’agir, elle se condamne littéralement et pour cette raison suppose que la mort est la fin de son existence.
La nature nous montre que la mort est une étape nécessaire à la renaissance et c’est de son énergie, de sa substance que la renaissance à lieu. La mort nourrit la vie, toute matière est recyclée transformée, mais elle ne disparait pas.
La souffrance face à la mort est la conséquence de notre attachement à la personnalité régie par la peur, qui craint l’éphémère, mais aussi le changement, qui a besoin d’avoir, de conserver, de s’approprier, de conquérir.
Tout ce que nous faisons ou presque est motivé par cette peur de mourir. Ce n’est ni bien ni mal, c’est une dynamique qui nous permet d’avancer, de construire, d’imaginer, de projeter. Tant que nous considérons la personnalité humaine comme notre seule ‘demeure’, nous serons taraudés par nos peurs et manipulées par elles. Depuis le cœur, la notion d’éternité est une évidence même si le mental ne peut pas le comprendre et l’expliquer.

L’ego se construit selon le mode attraction/répulsion/identification, qui est l’interprétation du battement du cœur, l’inspir et l’expir et son désir de communion. Quand l’ego s’associe au cœur, les deux visions se complètent et la volonté se met au service du vivant, dans une danse entre la vie et la mort, le créé et l’incréé, le visible et l’invisible… 
Les deux forces magnétiques et électriques s’unissent, se stimulent et on contemple ce spectacle intérieur qui se manifeste dans la réalité. Notre monde change de forme à la mesure que nous laissons le divin agir, à travers le cœur, en toute confiance.

C’est avec joie et enthousiasme que je découvre ce balai intérieur lorsque je laisse une émotion s’exprimer librement. Je ne sais absolument pas de quoi demain sera fait et même si mon intellect peut supposer que tout va aller en s’accélérant, que la lutte entre le cœur et l’ego, l’ombre et la lumière va augmenter, amplifiant les divisions, j’ai confiance en mon cœur.
Tout ce qui se passe actuellement est un excellent moyen de se situer, non plus vis-à-vis de l’extérieur mais en soi-même. Il ne s’agit plus de choisir l’ombre ou la lumière mais de prendre conscience que les deux sont des forces qui se stimulent, se soutiennent.

Le choix est plutôt celui de l’inconscience, de l’ego et ses stratégies ou celui de la conscience qui dévoile tout ce qui est en soi. 
Cette étape est essentielle parce qu’elle nous permet de connaitre tous les aspects de l’être ‘à parts égales’. 
On verra autant son ‘ombre’ que sa lumière. Et, en accueillant les deux également, enfin en laissant le cœur équilibrer les énergies, l’ego ne peut tirer aucune gloire de ce qu’il découvre, il ne peut que devenir humble. Puis être reconnaissant de la justice du cœur qui ne le condamne pas comme lui l’aurait fait en découvrant les personnages intérieurs qu’il refusait de voir.
Si on est parfaitement honnête avec soi-même, on peut tout à fait constater qu’il y a en soi, tous les humains quels qu’ils soient. Nous portons cet être moyenâgeux qui tente d’imposer ses croyances aux autres. Tout comme la Bimbo qui veut séduire tout ce qui passe à sa portée, le personnage en quête de célébrité, le justicier implacable, le perfectionniste qui va nous pousser à surpasser les autres, à entrer en compétition. 
Mais, nous portons aussi un enfant plein d’innocence, capable de s’émerveiller, de rêver, de manifester sa vérité, sa spontanéité, de jouer, de créer, de se réjouir de ce qui est, de s’émerveiller de ses découvertes…

Alors oui, nous sommes UN et Tout à la fois. Le reconnaitre et l’accepter libère du besoin d’identification et restitue notre intégrité, notre nature véritable composée de myriades d’énergies. On ne se voit plus comme un être perdu et isolé mais comme la manifestation unique du divin, de la source qui se manifeste dans l’unité intérieure et rayonne en direction de l’extérieur.

Depuis le cœur nous sommes en communion avec tous les mondes qui sont aussi à l’intérieur de nous-même. Il n’est pas nécessaire de voir des extra-terrestres, des anges, des maitres, pour savoir que nous sommes aussi cela. En accueillant les personnages occultés auparavant, nous réintégrons les énergies qui correspondent à d’autres manifestations, d’autres formes de vie. Ce processus nous connecte à nos profondeurs et leur manifestation dans la matière. Quand on a libéré les énergies bloquées, on voit que nous avions mis dans l’ombre, une part de notre divinité, de notre lumière.

Notre puissance d’aimer appliquée à l’intérieur de soi, fait des miracles ! Elle redonne leur vrai visage à tous ces personnages intérieurs qui une fois équilibrés au niveau énergétique apparaissent sous un nouveau jour tout comme leur projection dans la matière.
Plus on a de l’amour pour ces aspects intérieurs autrefois rejetés et plus on peut avoir de la compassion pour ceux qui vivent selon l’ego. On ne va ni cautionner, ni excuser mais on aura déjà une vision plus juste, globale des choses. 
On pourra comprendre que la ségrégation, le déni de l’autre, l’amène à commettre des actes afin de se sentir exister, reconnu. L’engouement pour la célébrité est la  manifestation de l’ignorance de soi, de sa vraie nature et elle s’exprime, par le biais des médias, autant dans la séduction que par des actes terroristes. Ce sont des expressions de l’ego qui s’identifie tour à tour à la victime, au bourreau et au sauveur.
Prendre conscience de l’humanité Une au travers de l’unification des personnages intérieurs, délivre de la peur de l’autre, de l’inconnu. La notion d’ennemi n’a plus de consistance quand on accepte tout ce que nous sommes.

La fraternité depuis l’unité intérieure, vient naturellement et ça n’est que de cette façon que la solidarité peut naitre. L’ego ne peut pas envisager la fraternité, l’égalité et la liberté, de façon juste.
Il comprend uniquement les choses en les comparant, en les opposant.
Pour lui, la liberté sera conditionnelle aux circonstances extérieures, elle sera limitée par le comportement des autres, relative à ses préférences et opposée à ce qu’il considère différent donc mauvais.
Selon mon expérience, la liberté commence en soi, elle n’est autre que l’acceptation de tout ce que nous sommes ; la fin de l’exclusion, du rejet et le début de la lucidité qui permet de voir nos erreurs de jugement, nos illusions, nos peurs et par l’acceptation, l’accueil, la libre expression de tous ces aspects enfouis dans l’ombre.

Lorsqu’on s’accueille pleinement en son cœur, celui-ci va harmoniser tout ce que nous portons et on n’aura pas à craindre l’excès ou l’injustice puisque l’énergie du cœur est équilibrée. Nous portons les divers degrés d’évolution de la conscience manifestée sur terre, de la cellule qui se divise, au reptilien, au primate, à l’humain inconscient jusqu’au divin. 
Selon ce que je sens, il ne s’agit pas de manifester le divin associé par le mental à la lumière mais de pouvoir unifier ces aspects 'coincés dans le temps' qui sont représentés par les différents corps qui nous permettent de percevoir ce qui est par ces diverses dimensions. En unifiant les points de vue, les personnages, dans le cœur, l’être complet se manifeste dans le présent. Tout se rejoint en ce centre, le passé et le futur fusionnent en l’instant présent.
En fait, l’ego est un guerrier mais il peut être pacifié dans le cœur. Les personnages intérieurs considérés comme des ennemis seront manifestés dans la réalité tout comme ceux qui sont vénérés. Le monde de la pensée est constitué de stéréotypes qui servent de repères et on va s’identifier à ceux qui ont été jugés comme supérieurs, courir après la supposée perfection.
Depuis le cœur, on sait que notre âme est immortelle, que l’éternel est en nous et déjà, la mort n’est plus une fin. Ce sentiment de sécurité permet de relativiser et de comprendre que nous ne sommes pas uniquement ce corps mortel et que nous avons déjà vécu, accumulé des expériences qui nous ont permis de développer des facultés dans tous les domaines et d’acquérir une certaine sagesse. 
Nous avons endossé tous les rôles, du plus abjecte au plus tendre et l’âme a su en tirer profit, comprendre ce qui créé de la souffrance, les conséquences de ses actes mais aussi l’effet des croyances. 
A travers ces expérimentations, elle a grandit en sagesse, en compréhension de qui elle est, de ce qu’est l’amour, dans ses diverses formes de manifestation, d’expression. 
L’humain est arrivé au bout de cette expérience de séparation et d’illusion. 
Le désir de vivre dans la paix, l’amour et l’intelligence est suffisamment puissant pour que la conscience se révèle. 


Vous pouvez diffuser ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de ne rien modifier (sauf correction des fautes d'orthographe), de citer l’auteur : Lydia Féliz, ainsi que la source : http://lydiouze.blogspot.fr  et ces trois lignes. Merci 

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