dimanche 14 septembre 2014

« Tout ce que nous tentons de refouler ou d’ignorer se manifestera avec violence un jour ou l’autre. »


Mike Wiacek


Ce matin, je suis tombée du lit après une nuit très agitée. La chaleur et peut-être aussi tout le sucre que j’ai ingurgité hier, ont perturbé mon sommeil. La façon d'une des voisines de reprocher à mon chat de se battre avec les autres chats du quartier, m’a agacé d’autant plus que Féliz, est blessé au-dessus de l’œil et ça ne ressemble pas à un coup de patte ! Si les gens qui les voient se battre n’intervenaient pas, leurs rixes ne seraient pas si excessives. C’est comme lorsque deux personnes qui tiennent chacune un chien en laisse, se croisent et qu’ils anticipent les réactions de leurs animaux favorisant ainsi l’affrontement. Un chien tenu en laisse agira selon l’influence de son maitre, selon la peur et un chien qui a peur attaque. Deux chiens en liberté qui se rencontrent ne créent aucun conflit puisqu’ils se toisent de loin premièrement et savent d’emblée comment agir. C’est en général l’âge qui détermine la position et ils respectent les plus âgés. 
Les humains influencent leurs animaux par leurs intentions et ceux-ci y réagissent naturellement puisqu’ils sont censés protéger leur maitre. Je n’ai pas pu m’énerver d’avantage parce que cette voisine est sourde et le dialogue est impossible puisqu’elle met rarement son appareil. Quand je dis énervée, c’est un bien grand mot et ça n’a rien à voir avec mes réactions d’avant. Déjà, je ne nourri pas la colère et elle s’estompe d’elle-même. Je ne retiens pas non plus cet élan à défendre mes compagnons à quatre pattes. C’est sorti et comme je ne me justifie pas, comme je ne cherche pas à avoir raison et que je ne me dis pas non plus : « tu aurais dû... », ça passe comme c’est venu.


Après ce coup de gueule, je ne ressens pas de malaise à l’intérieur et ceci me montre que l’équilibre s’installe en dedans. Ce genre de scène ne me perturbe plus autant qu’avant et ce constat me réjouit. Je sors peu à peu du conditionnement mental qui veut qu’on ce trace un chemin de perfection, d’idéal, qu’on s’empêche de faire selon son ressenti mais qu’on agisse plutôt selon des critères bien/mal. Car c’est cette façon de considérer les choses qui créé des conflits. A partir du moment où on étiquette les choses et on agit selon ce critère sélectif, on n’agit plus selon le cœur mais par orgueil. Je ne dis pas non plus que j’ai eu raison de répondre à cette personne mais au moins, j’ai donné mon point de vue. 
Vivre à partir du cœur n’interdit pas d’être en colère, n’oblige pas à se taire. Même si ce comportement pourrait être perçu comme un signe de sagesse, je ne me fixe plus d’objectif de ce genre. Je dis ma vérité du moment, que ça plaise ou non, ça m’est égal. Si j’en parle ici, c’est juste pour aborder le thème de la légitimité qui renvoie à la nécessité du paraitre.
Tant qu’on s’imagine que l’expression du divin correspond à un comportement spécifique, on nie la sagesse intérieure, la réalité subjective et le caractère unique de chaque individu. C’est à chacun de trouver le juste milieu, sa propre voie et de faire confiance à l’élan de son cœur. 
Tout être vivant est parcouru par des émotions et le truc ça n’est pas de les nier ou de les camoufler derrière des apparences de sagesse, de paix. Tant qu’on feint quelque chose, on se ment à soi-même et aux autres. J’aurais pu accueillir la colère plutôt que de réagir mais me critiquer pour ça ne résout pas le problème au contraire. Je rajoute ainsi un  jugement supplémentaire, active la culpabilité et perd ma capacité à atteindre la neutralité, le point zéro.
Je n’ai pas de culpabilité parce que j’ai dit ce que je pensais et je ne crains pas les retours puisque je suis restée polie et respectueuse. Il faut dire que le matin, je ne suis pas à prendre avec des pincettes ! Surtout après une nuit très agitée. Maintenant, je m‘en vais accueillir la colère afin qu’elle ne vienne pas conditionner la journée.

Direction le jardin pour me remplir de beauté, d’authenticité, de soleil et si je ressens le besoin d’expliquer ce que je viens d’écrire, c'est-à-dire de laisser les animaux faire leur vie, d’arrêter de leur prêter des intentions humaines car bien qu’ils aient une conscience individuelle, leur mode de fonctionnement est beaucoup plus pur que ceux des humains. 

Il n’y a pas plus authentique qu’un animal et c’est à mon avis ce qu’ils viennent enseigner aux humains, par l’exemple. Ils ne raisonnent pas en terme de bien et de mal mais savent parfaitement ce qu’est la souffrance et ne l’inflige jamais à quiconque. Ils nous aident à libérer les charges énergétiques qui sont associées aux émotions lourdes et nous enseignent aussi l’amour inconditionnel. Leurs conflits sont amplifiés par les humains qui projettent leurs intentions/émotions sur eux, faute d’oser les exprimer. Quand  à leurs rixes, c’est une question de territoire qui ne regarde qu’eux.

J’ai accueilli, c'est-à-dire accepté d’avoir eu cette colère en moi et au lieu de l’amplifier en ressassant, j’ai utilisé cette énergie neutralisée pour continuer le nettoyage du jardin. J’ai pu dire calmement mon point de vue concernant les bagarres des chats à une autre voisine qui se chargera de prévenir les alentours. Je lui ai juste demandé de ne pas intervenir quand ils se battent pour ne pas en rajouter et si vraiment c’est insupportable de leur jeter de l’eau pour les séparer.  

C’est tellement plus simple de dire les choses dans l’instant quitte à demander pardon si on est dans l’excès. Trop souvent, on se tait, on n’ose pas faire de vagues alors on garde en tête nos pensées de colère, on ravale ses émotions et on sourit hypocritement à l’autre. L’apparence est correcte mais à l’intérieur, c’est un cataclysme, un conflit s’installe entre le vrai moi et celui qui n’est qu’une façade. J’appelle vrai moi, cet aspect spontané de la personnalité qu’on refrène une fois qu’on se dit qu’on est adulte. Encore pire si on se fixe l’objectif de s’élever. 

La nature profonde de tout être vivant, c’est d’aller naturellement vers la lumière, d’évoluer. Tout l’organisme est programmé pour se régénérer, grandir et en se calant sur le cœur, il n’y a plus qu’à être soi. Notre vraie nature nous pousse à vouloir communier, nous unir mais ça n’oblige pas à se conduire selon des règles de bienséance établies sur des critères qui varient selon la culture, le lieu, les époques…





Selon ce que je crois, aimer, c’est respecter, c’est avant tout être honnête, dire ce que l’on pense plutôt que de feindre et de laisser l’autre faire les demandes et les réponses. Les malentendus viennent souvent de cette tendance à préférer se taire.
Il n’y a rien de pire pour un individu que de penser quelque chose et de dire le contraire. C’est un comportement toxique pour tout le monde. 
Nous sommes dotés de la faculté de parole et nous pouvons dialoguer afin de trouver un terrain d’entente. Si l’estime de soi est basée sur la nécessité d’avoir raison, ça fausse totalement le comportement et les relations. On va agir selon l’image que l’on veut donner de soi et intérieurement, on se divise, on amplifie l’écart entre l’ego et le cœur. On s’accroche au personnage que l’on a créé et on s’éloigne de sa vraie nature. Dans toute relation, le plus important, c’est d’arriver à s’entendre, d’être juste envers soi et envers l’autre. 
La justesse demande une connaissance intime de soi et une parfaite transparence.
On pense souvent à tort, qu’aimer implique de faire plaisir à l’autre, d’agir selon ses attentes mais c’est voué à l’échec puisqu’on ne peut pas savoir exactement ce qu’il espère et en même temps, on entre dans un jeu de manipulation qui n’amène rien de bon. 

Au niveau spirituel, on agit un peu de la même façon quand on s’imagine que le divin intérieur a tracé un chemin qu’il nous faut suivre. Selon ce que je ressens, nous sommes ici pour nous découvrir et nous connaitre au travers de multiples expériences qui nous permettent de choisir comment on va y répondre et selon nos choix, nous cocréons notre vie soit inconsciemment selon la peur, soit en conscience à partir du cœur.

Nous sommes alignés intérieurement quand la pensée, l’émotion et le geste sont accordés à la même fréquence. 
Comment pourrions-nous l’être si la pensée nourrit la colère et la parole est mielleuse ? Cette acrobatie nous oblige à étouffer l’émotion et on ne peut alors plus parler de cohérence ni d’intégrité. 
En accueillant l’émotion au lieu de la refouler, nous créons un accord intérieur, un alignement naturel et les pensées vont s’apaiser jusqu’à se caler à la fréquence de l’amour. A partir de là, nous relativisons les faits et pouvons exprimer notre ressenti en toute clarté, sans chercher à avoir raison mais dans le but d’entamer un dialogue ouvert et sincère. 

La plupart du temps quand on argumente ou quand on se justifie, ça montre le conflit intérieur, le manque d’assurance en soi, de connaissance de soi et de ses vrais besoins. C’est avant tout nous même qu’on cherche à convaincre parce qu’on est très attaché à notre image dont la validité dépend du regard extérieur.
Plus on est en paix en dedans et moins on a besoin de l’accord des autres pour oser s’exprimer. La peur du rejet est très souvent le reflet de ce que nous rejetons en nous-même. Quand on arrive à s’accepter tel qu’on est et ce même en croyant à l’effet miroir, on créé un alignement intérieur, une force que rien ne peut déstabiliser. On saura mieux faire la part des choses et restituer à l’autre ce qui lui appartient.

Dans une divergence de point de vue, il est bon de s’observer, de voir ce que l’autre suscite comme réaction, comme émotion. Puis de distinguer les faits de son ressenti. Ce n’est qu’en libérant la charge énergétique que l’on peut avoir une vision neutre des faits. Il est aussi nécessaire d’apprendre à dialoguer parce que bien souvent, on dit les choses d’une façon qui agresse l’autre. On a tendance à l’accuser au lieu de dire ce que l’on ressent sur le moment.
Après tant de vies ou même simplement de fois où nous avons privilégié les apparences pour répondre aux exigences sociales, il est difficile d’être spontané et en même temps respectueux envers l’autre. 
Il nous faut trouver l’équilibre entre spontanéité et délicatesse, sans tomber dans l’hypocrisie. 
Apprendre à écouter l’autre peut se faire dans le dialogue à soi. En commençant par être vrai avec soi-même, on trace des chemins neuronaux qui serviront dans la relation à l’autre. Notre capacité à écouter se développe à mesure que nous faisons connaissance avec l’enfant intérieur. 
Cette part de soi a besoin d’être accueillie, de se sentir en sécurité, reconnue afin qu’elle ne soit pas obligée de s’imposer avec force. Cette relation intime conditionne celle que nous avons avec l’extérieur. Si nous la voyons comme un ennemi ou comme un aspect immature de notre être, nous nous privons de l’aspect léger de l’incarnation et nos relations avec l’extérieur seront tendues. 
Cette part sait que nous sommes ici pour expérimenter la vie, pour comprendre et apprendre à maitriser les énergies mais pour elle, c'est un jeu, une expérience qui vient enrichir la connaissance universelle. En aucun cas cela se produit par élimination. Elle se jette sans peur et sans complexe, dans le fleuve de la vie et se laisse porter par le flot, elle n’oppose aucune résistance puisqu’elle a l’humilité de reconnaitre sa petitesse face aux éléments et qu’elle a conscience d’être ici pour apprendre à maitriser la matière, l'énergie afin de vivre dans l’harmonie intérieure et extérieure.

On ne devient pas mature en rentrant de force dans un cadre imposé mais en acceptant tout ce qui compose ce que nous sommes, notre côté animal et notre divinité. Il ne s’agit pas de renier une part pour que l’autre émerge mais de réunir les talents et capacités de chacune d’elles afin d’être dans son plein potentiel. 
La paix intérieure qui résulte de l’acceptation totale de soi permet d’être dans le juste milieu, ancré, présent à soi-même. 
L’animal en soi n’a pas à être renié ou refoulé il a juste besoin d’être reconnu, apprécié à sa juste valeur, associé à la sagesse divine. Chacun de ces aspects possède des qualités spécifiques qui réunies permettent de se sentir pleinement vivant et en harmonie avec toute vie.
On peut constater les effets néfastes dans la volonté de dominer la nature que ce soit au niveau planétaire ou individuel. Un être qui se coupe de sa vraie nature devient comme un robot agissant selon des critères de bien et de mal qu’il a fixé par besoin de contrôle. Cette attitude provoque des conflits internes et des frustrations qui créent des blocages énergétiques, des cristallisations qui peuvent entrainer des malaises ou des maladies. 
Tout ce que nous tentons de refouler ou d’ignorer se manifestera avec violence un jour ou l’autre. On s'imagine qu'en calculant, en anticipant, on pourra contrôler la vie mais on peut voir l'état de désolation dans lequel se trouve la planète pour comprendre que le contrôle n'amène pas le bonheur. 
Oh l'orage gronde, chouette, le jardin va être arrosé juste après que j'aie désherbé!


Vous pouvez diffuser ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de ne rien modifier (sauf correction des fautes d'orthographe), de citer l’auteur : Lydia Féliz, ainsi que la source : http://lydiouze.blogspot.fr  et ces trois lignes. Merci 

2 commentaires:

  1. Magnifique! Ca faisait déjà pas mal de temps que mon chemin vers la sagesse stagnait et reculait même parce que je refusais ce que mon intuition me disait: la nature, c'est la nature, sois, il n'y a rien de mauvais à être. Et mon mental : oui mais c'est pas possible, ça ne peut pas être la voie, c'est mal d'être en colère, d'avoir envie de dire ce qu'on pense, et surtout je ne devrais plus ressentir tout ça! Et puis finalement je l'ai écouté, et je ressens un élan que je n'arrive à qualifier qu'en anglais "Wild", c'est pour moi la vie qui s'écoule telle qu'elle est, une énergie, avec ses montées en puissance et ses moments serein. Une rivière? des fois enserrée dans un canyon, puissante et rapide, violente même et puis ensuite dans une vallée, large, calme et sereine. Ce n'est ni bien, ni mal. Et pour dire sans trop faire souffrir (bien que sa souffrance soit du ressort de l'autre finalement) je tente d' utiliser le "je". Je m'énerve quand on me dit un truc comme ça, je me met en colère quand mon environnement m'oppresse etc... Je me constate, amoureusement...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, lâcher la notion de bien et de mal, ne plus s'accrocher aux pensées radicales mais les laisser s'exprimer sans retenue puis choisir de vivre tout simplement, sans complexe, sans honte et sans réfléchir pendant des heures avant d'agir, ça change la vie! Assumer ce qui se vit en soi plutôt que d'accuser...Tout un art...!

      Supprimer

Merci de partager votre ressenti dans le respect mutuel.
Puisque nous sommes UN, ce qui est dit ici, s'adresse aussi à son auteur.