mercredi 17 septembre 2014

"L'exploration continue"



Sana Bukhari



Les apparences sont trompeuses et en sondant un peu mon monde intérieur, en mettant de côté toutes les croyances passées, je ressens un profond bouleversement intérieur malgré ou grâce au calme extérieur. Comme si une vague balayait tout sur son passage me laissant allongée sur la plage pour intégrer, digérer l'énergie de la source. 
Les symptômes physiques ne sont plus nourris par la peur, je me contente de constater ce qui est. Je ne laisse plus le mental interpréter les choses et le ramène à l’instant présent. 
Ce n’est pas très compliqué mais ça demande de la vigilance.
Le fait d’être seule est réellement une bénédiction pour réaliser cette mise à nue, cette introspection profonde, d’autant que la solitude n’existe plus lorsqu’on réintègre des parts de soi délaissées antérieurement. Une belle occasion de se découvrir sans qu’aucun facteur extérieur ne vienne troubler la vision. L’effet miroir en toute interaction modifie la personnalité qui va se conformer aux attentes de l’autre de façon inconsciente, par mimétisme. Dans tout échange, il y a une transformation au niveau énergétique et si on n’est pas conscient de sa vraie nature, on joue les caméléons sans même s’en apercevoir.
Être authentique demande avant tout de se connaitre de l’intérieur, de se voir avec neutralité afin de reconnaitre tout ce que nous sommes en vérité. Apprendre à distinguer les voix qui s’expriment n’a pas pour objectif de choisir qui on veut être mais de permettre la désidentification aux personnages divers que nous jouons selon les circonstances.

Comme ceux-ci sont créés afin d’afficher une personnalité "correcte", répondant aux exigences sociales, ça demande une certaine confiance en soi pour oser être vrai. Et beaucoup d'amour de soi pour ne pas s'en vouloir lorsqu'on constate que ce qu'on affiche ou revendique le plus est très souvent ce dont on manque. Les peurs qui se manifestent quand on ôte un masque nous renseignent sur nos besoins. De cette façon, on retrouve les valeurs qui nous sont propres, on découvre qui on est réellement, ce qui nous anime vraiment.
J’ai pu voir que mon désir de vivre à deux, de tenter cette expérience, était en partie motivé par le besoin d’être pris en charge et la peur de ne pas s'assumer. Il y a l’adulte qui crie au et fort son besoin de liberté, d’autonomie et l’enfant qui se sent incapable de s’assumer et va donc chercher un père. Encore plus si notre père biologique n'a pas assumé ses responsabilités puisque l'enfant intérieur demandera réparation.

J’accueille donc la peur d’être responsable de soi financièrement et j’explique à l’enfant intérieur que c’est à l’adulte d’assumer cela. Redistribuer les rôles est essentiel. Même si je n’ai aucune idée de la façon dont vont se dérouler les choses, comment je vais pouvoir y arriver, le fait de décider consciemment de le devenir en commençant par gérer les émotions qui se présentent, et en libérant l’enfant intérieur de ses fausses croyances, amplifie la confiance en soi et en la vie.

Reconnaitre un personnage intérieur créé par une croyance passée et libérer la charge énergétique associée permet d’ajuster le mental. Le fait de libérer l’enfant intérieur d’une charge qui ne lui appartient pas lui permet de s’exprimer dans sa pureté originelle.

Être authentique, être soi est impossible tant qu’on ne se connait pas intimement. Encore une fois, il ne s’agit pas de s’identifier à la meilleure version de soi mais de déceler les mécanismes induits par la peur, de libérer l’énergie qui a créé le personnage ce qui le désactive. 
Le seul fait de l’identifier, de le reconnaitre permet de s’en dissocier puisqu’on peut l’observer. Il ne vient plus en avant une fois la charge émotionnelle libérée, il devient un attribut, une qualité. 
Le fait d’intégrer, c'est-à-dire de prendre conscience de ce qu’il est en réalité ; une création personnelle élaborée sur une fausse croyance, responsabilise et permet de constater notre capacité à créer. On découvre son potentiel divin et comme on comprend qu’on créé en permanence, on se libère de l’impuissance et du rôle de victime.
On peut alors libérer l’énergie bloquée et voir que ce rôle porte des qualités qui émergent de l’acceptation et de la gestion émotionnelle. 
L’empathie, la capacité à communier, l’abandon du jugement, l’élan à donner, le désir de partager, le besoin d’équité…en sont les fruits. 

Le seul fait de ne plus rejeter quoi que ce soit, guérit l’enfant intérieur puisque cette blessure est enfin reconnue et acceptée. L’énergie absorbée par l’amour inconditionnel est recyclée, redirigée en conscience.
Si dans l’enfance, j’ai souffert d’un manque d’amour et qu’aujourd’hui, je continue de rejeter des aspects de ma personnalité, j’amplifie la souffrance par le déni. 
Je reproduis le même schéma, je nourris la blessure en refusant de la voir. 

C’est très souvent ce que l’on fait instinctivement mais en devenant conscient de toutes ses parts délaissées, en les reconnaissant, on les intègre volontairement et on restaure ainsi la « justice » en soi. 
Puisque la victime souffre d’injustice, le fait de la reconnaitre et de s’en dissocier en même temps, rétablit l’équilibre. Ce qui me confirme l'efficacité de la prise en charge des émotions et du dialogue avec l'enfant intérieur, c'est la façon dont j'ai vécu la relation à deux et la séparation. Même si je n'ai pas su accueillir les émotions au fur et à mesure et qu'il m'a fallu un certain temps pour comprendre les faits, il n'y pas eu de souffrance. Je n'ai pas cherché à comprendre de suite, j'ai laissé venir les images ou pensées qui ont dessiné peu à peu les schémas inconscients qui œuvraient. 






Prendre soin de soi implique de regarder toutes nos créations avec tendresse et ainsi on peut voir l’innocence qui les a générées. On sort de l’accusation dès qu’on commence à se prendre en charge émotionnellement, notre vision est beaucoup moins tranchée, radicale.
L’alchimie émotionnelle fait appel aux forces complémentaires, le masculin et le féminin s’associent pour guérir l’enfant intérieur. Le masculin permet la focalisation, la recherche de tensions et le féminin accueille, console. Chacun amène ses qualités spécifiques et l’union de ces forces créé un sentiment d’harmonie, d’unité. Sécurisé et guérit, l’enfant intérieur est intégré consciemment à la personnalité et son énergie équilibrée s’exprime en confiance. Il créé l’impulsion, l’élan, apporte la légèreté, par son regard innocent, il nous aide à relativiser les choses à libérer la notion de bien et de mal, le jugement…
Il est capable de vivre dans le présent, une fois que le pardon à soi est réalisé et qu’ainsi les blessures peuvent cicatriser. Comme la charge émotionnelle reliée au passé est libérée, les fantômes disparaissent et l’enfant en soi est alors intègre. Sa fraicheur renouvelle la personnalité, ouvre de nouvelles voies.

Tout est alors à réinventer. Le côté destructeur est alors vu pour ce qu’il est, le potentiel créatif qui le sous-tend est reconnu ; il permet de briser l’illusion afin de faire de la place pour une nouvelle création. 
L’impermanence des choses est vue aussi comme une chance, un renouvellement incessant, une occasion de se détacher, de lâcher prise. 
Le vide apparait comme un réservoir de potentiel créatif, le présage de la nouveauté et non comme un  gouffre. 
En découvrant tous les personnages que nous avons joués, on prend conscience de son potentiel créatif et en même temps du caractère ludique de la vie.
Comme lorsqu’on est enfant et qu’on joue à être une princesse ou un voleur, on est conscient que les rôles passés étaient des créations adaptées aux circonstances et que la souffrance qui y était associée venait simplement du fait qu’on y a cru, qu’on s’identifiait à eux.  
Libérer ses rôles par le pardon à soi et aux autres laisse émerger le vrai moi, celui qui existe ici et maintenant, sans références au passé. Accepter d’être responsable de ses créations permet d’en voir la pertinence.
Quand on cesse d’avoir des attentes, on ne peut pas être déçu, on ne juge pas ce qui est parce qu’on a confiance en soi, en sa guidance et on sait que tout ce qui est motivé par un désir sincère, un élan du cœur, nous fera grandir en sagesse, en capacité d’aimer, en connaissance et en reconnaissance de soi. 
C’est inconfortable si on a prédéfini les résultats et quand ceux-ci ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Mais si on se dit que tout est mis sur notre route afin de devenir autonome, le regard que l’on porte sur les faits change et au lieu d'anticiper, on s'ouvre à ce qui se présente. Même si on ne voit pas de suite les « avantages » d’une situation, quand on cesse de lutter contre ce qui est, qu’on respire calmement, on voit les choses dans leur aspect positif.

Évidemment, le personnage débusqué révèle toutes les peurs qui m'empêchent d’être libre et autonome mais le seul fait qu’elles se montrent est déjà un début de solution puisque par la gestion des émotions elles sont libérées et comprises. Puis quand on a toujours agit à partir de la peur il peut y avoir comme une sensation de vide puisque les élans ne sont plus des réactions de lutte, de rejet ou de fuite mais des désirs. La sensation de vide provient du fait de ne pas vouloir anticiper mais plutôt d'être attentif aux élans, ouvert à ce qui se présente. Comme le corps émotionnel est allégé il répond selon l’instant puisque le passé est libéré et du coup, ce calme intérieur laisse une impression de mort puisqu'on est plus chahuté de l’intérieur.

Il est naturel de ne pas se sentir bien dans son corps si le corps émotionnel est en souffrance. On va vouloir le fuir et le présent est insupportable puisqu’il est toujours rattaché au passé par la charge énergétique bloquée. 
On rejette une part de soi, par le déni et pour ne pas s’identifier à ce côté obscur, caché, on va adopter un masque souriant. 
Un personnage est né de ce déni et à moins de réintégrer le corps émotionnel libéré de ses charges, on craindra d'habiter le présent. Tout ce qu’on tente de se cacher se manifestera à l’extérieur amplifiant la douleur et renforçant l’attachement au personnage devenu notre identité. On se condamnera à jouer ce rôle sous peine de ne plus exister puisqu’on s’identifie à cette façade.
Ce qui a marché pendant des siècles ne peut plus fonctionner maintenant. On croit que l’ascension signifie devenir divin, parfait, baigner dans l’amour que la source déversera abondamment sur nous…
Mais la fonction première de la lumière, c’est d’éclairer, de dévoiler toute illusion. Le premier effet, c’est de révéler ce qui est tel que c’est. On peut se déresponsabiliser en regardant l’ombre extérieure mais à moins de faire face à la sienne, on ne peut l’éliminer. Plus on va vouloir se cacher et plus on va souffrir parce que toute notre énergie sera utilisée en vain.
La lumière révèle l’ombre et l’ombre met la lumière en relief. Quand j’accueille une ombre, elle offre sa lumière révélant l’être divin que je suis dans cette prise en charge, dans cette dissociation. De cette façon l’équilibre se trouve, se voit et se vit. 
C'est cet acte volontaire qui libère l'amour divin en soi et c'est de cette façon que l'amour de la source se déverse, de l'intérieur. 
Penser que la source va guérir l'enfant intérieur à notre place, sans que nous n'ayons rien à faire, c'est se leurrer et même si c'est la conscience divine qui opère la guérison, il faut le vouloir, il faut que la personnalité sois d'accord si on veut faciliter l'intégration de la lumière/amour. La guérison n'est autre que l'émergence de l'être authentique.   


Vous pouvez diffuser ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de ne rien modifier (sauf correction des fautes d'orthographe), de citer l’auteur : Lydia Féliz, ainsi que la source : http://lydiouze.blogspot.fr  et ces trois lignes. Merci 
 

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